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ARGUMENT

St. Paul écrivit cette épître étant prisonnier à Rome la première fois, environ l’an 61 de Jésus-Christ et voici quel en est le sujet. Philémon, qui était de la ville de Colosses, et qui, après que St. Paul l’eût converti à la religion chrétienne, exerça le ministère dans cette ville-là avec une grande édification, avait un esclave nommé Onésime, qui le quitta et s’enfuit de chez lui. Onésime se rendit à Rome où il rencontra St. Paul qui l’instruisit dans la religion et où il se fit chrétien. Après cela, l’Apôtre le renvoya à Philémon avec cette lettre de recommandation par laquelle il le prie de pardonner à Onésime et de le recevoir comme un frère en Jésus-Christ. 

Livres du Nouveau Testament.

1 Paul, prisonnier pour Jésus-Christ, et Timothée notre frère, à Philémon notre bien-aimé, et le compagnon de nos travaux ;

2 et à Appie, notre chère sœur, à Archippe, compagnon de nos combats, et à l’Eglise qui est dans ta maison ;

3 La grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père, et par le Seigneur Jésus-Christ.

4 Je rends grâces à mon Dieu, faisant toujours mention de toi dans mes prières ;

5 apprenant la foi que tu as au Seigneur Jésus, et ta charité envers tous les saints ;

6 de sorte que la foi qui t’est commune avec nous, est efficace, et se fait connaître par tout le bien qui se fait parmi vous, pour Jésus-Christ.

7 Car, mon frère, ta charité nous a donné une grande joie et une grande consolation, parce que tu as réjoui les entrailles des saints.

8 C’est pourquoi, bien que j’aie en Jésus-Christ le pouvoir de te commander ce qui est convenable ;

9 étant ce que je suis, Paul, avancé en âge, et même maintenant prisonnier pour Jésus-Christ, cependant j’aime mieux te prier par charité.

10 Je te prie donc pour mon fils Onésime, que j’ai engendré étant dans les chaînes ;

11 qui t’a autrefois été inutile, mais qui te sera présentement très utile, aussi bien qu’à moi, et que je te renvoie.

12 Reçois-le donc comme mes propres entrailles.

13 J’aurais souhaité de le retenir auprès de moi, afin qu’il me servît au lieu de toi, dans les liens où je suis à cause de l’évangile ;

14 mais je n’ai rien voulu faire sans ton consentement, afin que le bien que tu feras, ne soit pas forcé, mais qu’il soit volontaire.

15 Car, peut-être que ce qu’il a été séparé de toi pour quelque temps, c’était afin que tu le recouvrasses pour toujours ;

16 non plus comme un esclave, mais comme étant fort au-dessus d’un esclave, savoir, comme un frère chéri particulièrement de moi, et combien plus de toi, et selon le monde, et selon le Seigneur.

17 Si donc tu me regardes comme uni avec toi, reçois-le comme si c’était moi-même.

18 Que s’il t’a fait quelque tort, ou s’il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte.

19 C’est moi, Paul, qui t’écris de ma propre main ; je te le rendrai ; pour ne pas dire que tu te dois toi-même à moi.

20 Oui, mon frère, que je reçoive ce plaisir de toi en notre Seigneur ; réjouis mes entrailles au nom du Seigneur.

21 Je t’écris ceci étant persuadé de la déférence que tu auras pour moi, sachant même que tu feras plus que je ne dis.

22 Je te prie en même temps de me préparer un logement, car j’espère que je vous serai rendu par vos prières.

23 Epaphras, qui est prisonnier avec moi pour Jésus-Christ, te salue ;

24 ce que font aussi Marc, Aristarque, Démas et Luc, mes compagnons de travaux.

25 La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Amen. 

REFLEXIONS

On doit remarquer sur cette épître

I. Qu’Onésime étant venu à Rome après avoir quitté Philémon son maître, St. Paul travailla à la conversion de cet esclave fugitif et qu’il eut la consolation de l’amener à la foi chrétienne. C’est ainsi que cet apôtre profitait de toutes les occasions qui se présentaient d’avancer la gloire de Dieu et le salut des hommes et que les vrais chrétiens sont toujours disposés à gagner des âmes à Dieu et à retirer les pécheurs de leurs égarements.

II. L’Apôtre, après avoir converti Onésime, le renvoya à Philémon son maître parce que la conversion de cet exclave n’empêchait pas que Philémon n’eût toujours droit sur lui. Il le pria de lui pardonner et il s’offrit même de le dédommager de tout ce qu’Onésime lui devait et du tort qu’il pouvait lui avoir fait. On découvre dans ce procédé de St. Paul sa charité, sa douceur et en même temps sa justice et sa parfaite droiture.

C’est aussi là le caractère des gens de bien, ils s’intéressent toujours pour ceux qui ont besoin de leur secours, surtout quand ce sont des personnes qui ont de la piété ou des pécheurs qui reviennent à leur devoir et ils sont aussi animés d’un esprit de justice et d’équité pour rendre à chacun ce qui lui est dû. Sur quoi l’on doit faire cette réflexion que si St. Paul, quoiqu’il n’y fût pas obligé à la rigueur s’offrait cependant de satisfaire Philémon pour ce qu’Onésime lui devait, ceux qui ont eux-mêmes causé du dommage à quelqu’un sont beaucoup plus obligés de le réparer.

Enfin, la prière que St. Paul fait à Philémon de recevoir Onésime, non plus comme un esclave, mais comme un frère, fait voir que quoique la religion chrétienne n’abolisse pas les diverses relations qu’il y a entre les hommes et qu’elle laisse subsister la différence des conditions, elle les rend tous égaux devant Dieu et par rapport au salut. Il paraît aussi de là que les maîtres chrétiens doivent regarder leurs serviteurs comme leurs frères en Jésus-Christ et les traiter avec douceur et avec humanité.

Écrite de Rome à Philémon et envoyée par Onésime, esclave.

ARGUMENT

St. Paul écrivit cette épître, comme on croit, vers l’an 64 de Jésus-Christ, à Tite qu’il avait laissé dans l’île de Crête, qu’on appelle aujourd’hui Candie, pour prendre soin des églises qu’il y avait dans ce pays-là. 

Chapitres :  Chapitre I.   Chapitre II.   Chapitre III.   Livres du Nouveau Testament.

CHAPITRE I

Le premier chapitre a deux parties : I. St. Paul ordonne à Tite d’établir des pasteurs dans toutes les églises de l’île de Crète et il marque les qualités dont les pasteurs doivent être revêtus. II. Il lui parle de certains docteurs Juifs qui mêlaient des questions frivoles et des fables avec la doctrine de l’Évangile, particulièrement à l’égard de l’usage des viandes, et qui étaient, outre cela, d’un naturel vicieux comme la plupart des habitants de l’île de Crète. 

1 Paul, serviteur de Dieu, et apôtre de Jésus-Christ pour annoncer la foi des élus de Dieu, et pour faire connaître la vérité, qui est selon la piété,

2 et qui donne l’espérance de la vie éternelle, que Dieu, qui ne peut mentir, a promise depuis plusieurs siècles ;

3 Mais qu’il a manifestée en son propre temps par sa parole, dont la prédication m’a été confiée, selon l’ordre de Dieu notre Sauveur ;

4 à Tite, mon vrai fils dans la foi, qui nous est commune. Grâce, miséricorde et paix de la part de Dieu notre Père, et du Seigneur Jésus-Christ notre Sauveur.

5 La raison pour laquelle je t’ai laissé en Crète, c’est afin que tu règles les choses qui restent à régler, et que tu établisses des pasteurs dans chaque ville, suivant que je te l’ai ordonné ;

6 savoir, s’il se trouve quelqu’un qui soit irrépréhensible, mari d’une seule femme, duquel les enfants soient fidèles, et qui ne soient pas accusés de dissolution, ni désobéissants.

7 Car il faut que l’évêque soit irrépréhensible, comme étant l’économe de Dieu ; qu’il ne soit point attaché à son sens, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté au gain déshonnête ;

8 Mais qu’il exerce l’hospitalité, qu’il aime les gens de bien, qu’il soit sage, juste, saint, tempérant,

9 attaché à la véritable doctrine qui doit être enseignée, en sorte qu’il soit capable, tant d’exhorter, suivant cette doctrine salutaire, que de convaincre ceux qui s’y opposent.

10 Car il y en a plusieurs, principalement parmi ceux de la circoncision, qui ne veulent point se soumettre, qui parlent de choses vaines et qui séduisent les âmes, auxquels il faut fermer la bouche ;

11 qui pervertissent des familles entières, enseignant pour un gain honteux ce qu’on ne doit pas enseigner.

12 Quelqu’un d’entre eux, leur propre prophète, a dit : Les Crétois sont toujours menteurs ; ce sont de méchantes bêtes, des ventres paresseux.

13 Ce témoignage est bien véritable ; c’est pourquoi, reprends-les vivement, afin qu’ils deviennent sains en la foi ;

14 sans s’arrêter aux fables judaïques, et aux ordonnances des hommes qui se détournent de la vérité.

15 Toutes choses sont bien pures pour ceux qui sont purs, mais rien n’est pur pour ceux qui sont impurs et pour les infidèles ; au contraire leur esprit est souillé, aussi bien que leur conscience.

16 Ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renoncent par leurs œuvres, étant abominables, rebelles, et incapables de toute bonne œuvre. 

REFLEXIONS

Puisque St. Paul ordonne à Tite de régler toutes choses dans les églises de Crète et surtout d’y établir des pasteurs, il paraît de là que la volonté de Dieu est que l’ordre règne dans l’église et principalement que dans tous les lieux où il y a des chrétiens, il y ait des pasteurs, leur charge étant d’une institution divine et d’une absolue nécessitée Mais les grandes précautions que St. Paul voulait que Tite prît dans le choix des ministres qu’il établirait font voir que cet emploi sacré ne doit être confié qu’à des personnes sans reproche, d’une vie exemplaire et qui aient avec cela les dons nécessaires pour enseigner et pour conserver la pureté de la doctrine évangélique contre ceux qui voudraient l’altérer.

On voit de plus ici qu’il est du devoir des ministres de Jésus-Christ de s’opposer aux faux docteurs et à ceux qui pourraient séduire les chrétiens et les entraîner dans l’erreur ou dans le péché.

La réflexion que l’apôtre fait sur le naturel vicieux des habitants de l’île de Crète, lesquels il représente comme des gens adonnés aux mensonges, à la paresse et à la sensualité montre qu’il est très difficile que ceux qui ont un mauvais cœur et des inclinaisons corrompues deviennent de vrais disciples de Jésus-Christ, mais que cependant les serviteurs de Dieu ne doivent rien négliger pour convertir ces gens-là et pour les amener à la foi.

Enfin, l’on doit bien remarquer la description que l’apôtre fait ici des faux docteurs et des mauvais chrétiens dont il parle disant : qu’ils faisaient profession de connaître Dieu, mais qu’ils le renonçaient par les œuvres, étant abominables, rebelles et incapables de toutes bonnes œuvres.

Ces paroles sont le vrai tableau d’un grand nombre de faux chrétiens qui vivent dans l’église et elles nous apprennent que la profession de la religion et de la foi en Dieu, ne servent à rien à ceux qui vivent dans la désobéissance et que, comme ces gens-là renoncent Dieu par leurs œuvres, il ne les reconnaîtra jamais pour les siens. 

CHAPITRE II.

St. Paul fait deux choses dans ce chapitre : I. Il marque les devoirs des vieillards, des femmes, des jeunes gens et des serviteurs et il recommande à Tite d’être lui-même à toutes ces personnes-là et surtout aux jeunes gens un modèle de sagesse et de vertu. II. Il donne un excellent abrégé de la doctrine chrétienne et il marque quel en est le but. 

1 Mais toi, enseigne les choses qui conviennent à la saine doctrine.

2 Que les vieillards soient sobres, graves, prudents, purs dans la foi, dans la charité, dans la patience.

3 Que les femmes âgées aient de même un extérieur convenable à la sainteté ; qu’elles ne soient point médisantes, ni sujettes au vin ; qu’elles donnent de bonnes instructions ;

4 qu’elles apprennent aux jeunes femmes à être sages, à aimer leurs maris, à aimer leurs enfants ;

5 à être modestes, chastes, à demeurer dans leurs maisons, à être bonnes, soumises à leurs maris ; afin que la parole de Dieu ne soit exposée à aucun blâme.

6 De même, exhorte les jeunes hommes à vivre dans la tempérance.

7 Rends-toi toi-même en toutes choses un modèle de bonnes œuvres, montrant, dans ta manière d’enseigner, de la pureté et de la gravité ;

8 une doctrine saine dans laquelle il n’y ait rien à reprendre, afin que les adversaires soient confus, n’ayant aucun mal à dire de vous.

9 Exhorte les serviteurs à être soumis à leurs maîtres, à leur complaire en toutes choses, à n’être point contredisants ;

10 à ne rien distraire, mais à montrer en toutes choses une entière fidélité, afin de faire honorer partout la doctrine de Dieu notre Sauveur.

11 Car la grâce de Dieu, salutaire à tous les hommes, a été manifestée ;

12 et elle nous enseigne qu’en renonçant à l’impiété et aux convoitises du monde, nous vivions dans le siècle présent, dans la tempérance, dans la justice, et dans la piété ;

13 en attendant la bienheureuse espérance, et l’apparition de la gloire du grand Dieu et notre Sauveur Jésus-Christ,

14 qui s’est donné soi-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité et de nous purifier, pour lui être un peuple particulier et zélé pour les bonnes œuvres.

15 Enseigne ces choses, exhorte, et reprends avec une pleine autorité. Que personne ne te méprise. 

REFLEXIONS

Ce chapitre nous enseigne en général que la charge des pasteurs les engage principalement à former les hommes à la piété et à la sainteté et à instruire soigneusement toutes sortes de personnes des devoirs qui conviennent à leur vocation.

II. Les personnes âgées doivent apprendre d’ici à être sobres, graves, pieuses et pleines de charité,

  • Les femmes chrétiennes à vivre aussi dans la sobriété, à fuir la médisance, à aimer leurs maris, à prendre soin de leurs enfants et à garder la maison,
  • Les jeunes gens à être modérés, sobres, chastes et bien réglés dans toute leur conduite
  • Et ceux qui sont en service à demeurer dans la soumission et dans la fidélité envers leurs maîtres.

III. Les exhortations que St. Paul adresse à Tite de se rendre lui-même un modèle de pureté, de gravité et de bonnes œuvres, montrent que ceux qui prétendent instruire et exhorter les autres doivent pratiquer les premiers ce qu’ils enseignent et donner aux hommes l’exemple de toutes sortes de vertus.

II. Nous devons faire une très particulière attention à l’abrégé que St. Paul donne ici de la doctrine chrétienne en disant que la grâce de Dieu, qui a été manifestée par Jésus-Christ, nous appelle à renoncer non seulement à l’impiété et au crime, mais aussi aux passions et à l’amour du monde et à vivre dans la tempérance et dans la pureté à l’égard de nous-mêmes, dans la justice envers notre prochain et dans la piété envers Dieu et que ce n’est qu’en vivant de la sorte que nous pourrons attendre avec confiance le dernier et illustre avènement du grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. C’est là la doctrine que les ministres de l’Évangile doivent annoncer dans l’église et qui doit servir de règle pour la conduite des chrétiens. C’est aussi le but et le dessein de la venue de Jésus-Christ et de sa mort, puisque comme St. Paul le dit : Il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes sortes d’iniquités, de nous purifier et de se former sur la terre un peuple particulièrement consacré et zélé pour les bonnes œuvres.

CHAPITRE III.

St. Paul recommande aux chrétiens d’être soumis aux puissances, de ne médire de personne, d’être pleins de charité et de douceur, même envers ceux qui étaient ennemis de la religion chrétienne et de se souvenir pour cet effet que Dieu, par sa grande miséricorde, les avait sauvés eux-mêmes dans le temps qu’ils vivaient aussi dans toutes sortes de dérèglements. Il veut que Tite exhorte surtout ceux qui avaient embrassé le christianisme à l’étude des bonnes œuvres, il lui dit de s’opposer à ceux qui excitaient des disputes dans l’église par des questions folles et de s’éloigner de ceux qui faisaient des sectes et qui répandaient des doctrines fausses et dangereuses et il finit par quelques ordres qu’il donne à Tite. 

1 Avertis-les d’être soumis aux princes et aux puissances, de leur obéir, d’être prêts à faire toutes sortes de bonnes œuvres ;

2 de ne médire de personne, de n’être point querelleurs, d’être modérés, et de témoigner une parfaite douceur envers tous les hommes.

3 Car nous étions aussi autrefois nous-mêmes insensés, désobéissants, égarés, assujettis à toutes sortes de passions et de voluptés, vivant dans la malice et dans l’envie, dignes d’être hais, et nous haïssant les uns les autres.

4 Mais lorsque la bonté et l’amour de Dieu notre Sauveur envers les hommes ont été manifestés, il nous a sauvés,

5 non à cause des œuvres de justice que nous eussions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération, et par le renouvellement du Saint-Esprit,

6 qu’il a répandu abondamment sur nous par Jésus-Christ notre Sauveur ;

7 afin qu’ayant été justifiés par sa grâce, nous ayons l’espérance d’être héritiers de la vie éternelle.

8 Cette parole est certaine et je veux que tu établisses fortement ces choses, afin que ceux qui ont cru en Dieu aient soin de s’appliquer principalement à pratiquer les bonnes œuvres : voilà les choses qui sont bonnes et utiles aux hommes.

9 Mais réprime les questions folles, les généalogies, les contestations et les disputes touchant la loi ; car elles sont inutiles et vaines.

10 Evite l’homme hérétique, après l’avoir averti une première et une seconde fois ;

11 sachant qu’un tel homme est perverti, et qu’il pèche, étant condamné par lui-même.

12 Lorsque je t’aurai envoyé Artémas ou Tychique, hâte-toi de venir me voir à Nicopolis : car j’ai résolu d’y passer l’hiver.

13 Fais conduire avec soin Zénas, docteur de la loi, et Apollos, en sorte que rien ne leur manque.

14 Et que nos frères apprennent aussi à s’appliquer principalement à faire de bonnes œuvres, pour les usages nécessaires, afin qu’ils ne demeurent pas sans fruit.

15 Tous ceux qui sont avec moi te saluent. Salue ceux qui nous aiment dans la foi. La grâce soit avec vous tous. Amen.

REFLEXIONS

Les chrétiens doivent apprendre d’ici :

I. À être soumis aux rois et aux magistrats, à éviter la médisance et les querelles et à se conduire avec une parfaite douceur envers toutes sortes de personnes.

II. St. Paul nous enseigne : que Dieu nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous eussions faites, mais par sa grande miséricorde en Jésus-Christ notre Seigneur, afin qu’étant justifiés par sa grâce, nous soyons les héritiers de la vie éternelle.

C’est là une doctrine très importante et qui doit produire en nous les sentiments d’une profonde humilité et d’une vive reconnaissance envers Dieu.

III. L’apôtre marque dans ce chapitre de la manière la plus expresse que ce qu’il y a de certain et de plus important dans la religion et que les ministres de l’Évangile doivent enseigner et recommander sur toutes choses, c’est : que ceux qui ont cru en Dieu aient soin de s’appliquer principalement aux bonnes œuvres et que ce sont là les choses qui sont bonnes et utiles aux hommes.

Ces paroles montrent que la pratique des bonnes œuvres est un devoir indispensable et la marque à laquelle ont reconnait les vrais chrétiens.

Enfin, l’on voit dans ce chapitre que, quand il y   a dans l’église des personnes qui enseignent des doctrines dangereuses et qui y forment des sectes et des partis, ce que l’on doit faire à l’égard de ces gens-là, c’est de les avertir et s’ils continuent   à causer du trouble, de ne plus les reconnaître pour membres de l’église et de n’avoir aucun commerce avec eux. C’est là l’unique moyen que Jésus-Christ et les apôtres aient prescrit et que l’on doive employer pour s’opposer à l’erreur et pour conserver dans l’église la pureté de la foi. 

Écrite de Nicopolis, en Macédoine, à Tite, qui a été établi le premier évêque de l’Église de Crète.

ARGUMENT

On croit que St. Paul écrivit cette épître environ l’an 64 de notre Seigneur à Timothée qu’il avait laissé à Éphèse pour prendre soin de l’église de cette ville-là. Son but est d’exhorter Timothée à s’opposer aux faux docteurs et de lui enseigner comment les évêques et les pasteurs doivent conduire l’église de Dieu. 

Chapitres :  Chapitre I.   Chapitre II.   Chapitre III.   Chapitre IV.   Chapitre V. Chapitre VI    Livres du Nouveau Testament.

CHAPITRE I

Dans le premier chapitre, l’Apôtre ordonne à Timothée d’empêcher que certains faux docteurs juifs ne corrompissent la doctrine chrétienne par des subtilités et des spéculations extravagantes et profanes et n’introduisissent des disputes dans l’église. Et parce que ces docteurs marquaient un grand zèle pour la loi, il montre quel en est le véritable usage. Cela lui donne occasion de parler de la grâce que Dieu lui avait faite de l’appeler à l’apostolat et de la miséricorde de Dieu envers les pécheurs. Enfin, il exhorte Timothée à s’acquitter avec zèle des devoirs de sa charge et à résister aux faux docteurs. 

1 Paul, apôtre de Jésus-Christ, par le commandement de Dieu, notre Sauveur, et du Seigneur Jésus-Christ, notre espérance,

2 A Timothée, mon vrai fils en la foi. Grâce, miséricorde et paix de la part de Dieu notre Père, et de Jésus-Christ notre Seigneur.

3 Suivant la prière, que je te fis lorsque je partis pour la Macédoine, de demeurer à Ephèse, je te prie encore d’avertir certaines personnes de n’enseigner point une doctrine différente ;

4 Et de ne s’attacher pas à des fables et à des généalogies qui n’ont point de fin, et qui engendrent des disputes, au lieu de former l’édifice de Dieu, qui consiste dans la foi.

5 Le but du commandement, c’est la charité, qui procède d’un cœur pur, et d’une bonne conscience, et d’une foi sincère ;

6 dont quelques-uns s’étant détournés, se sont égarés dans de vains raisonnements ;

7 prétendant être docteurs de la loi, quoiqu’ils n’entendent point ce qu’ils disent, ni les choses qu’ils assurent comme certaines.

8 Or, nous savons que la loi est bonne pour celui qui en fait un usage légitime ;

9 et qui sait que ce n’est pas pour le juste que la loi a été établie, mais pour les méchants, pour ceux qui ne peuvent se soumettre, pour les impies, pour les vicieux, pour les gens sans religion, pour les profanes, pour les meurtriers de père et de mère, et les autres homicides ;

10 pour les fornicateurs, pour les abominables, pour les voleurs d’hommes, pour les menteurs, pour les parjures, et pour tout ce qui est contraire à la saine doctrine,

11 laquelle est conforme au glorieux évangile de Dieu souverainement heureux, dont la dispensation m’a été confiée.

12 Et je rends grâces à Jésus-Christ notre Seigneur, qui m’a fortifié, de ce qu’il m’a jugé fidèle, m’ayant établi dans le ministère ;

13 moi, qui étais auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent ; mais j’ai obtenu miséricorde, parce que je l’ai fait par ignorance, étant dans l’incrédulité.

14 Et la grâce de notre Seigneur a surabondé en moi, avec la foi et la charité qui est en Jésus-Christ.

15 Cette parole est certaine et digne d’être reçue avec une entière croyance : c’est que Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier.

16 Mais j’ai obtenu miséricorde, afin que Jésus-Christ fît voir, en moi le premier, une parfaite clémence, pour servir de modèle à ceux qui croiront en lui, pour avoir la vie éternelle.

17 Au roi des siècles, immortel, invisible, à Dieu seul sage, soient honneur et gloire aux siècles des siècles. Amen.

18 Mon fils Timothée, ce que je te recommande, c’est que conformément aux prophéties qui ont été faites autrefois de toi, tu t’acquittes pleinement de ton devoir dans cette bonne guerre ;

19 conservant la foi et la bonne conscience, à laquelle quelques-uns ayant renoncé, ils ont fait naufrage en ce qui regarde la foi ;

20 du nombre desquels sont Hyménée, et Alexandre, que j’ai livrés à Satan, afin qu’ils apprennent à ne plus blasphémer. 

REFLEXIONS

Les instructions que ce chapitre contient sont les suivantes.

I. La première, que le devoir des ministres de l’Évangile est d’enseigner et de conserver la pure doctrine et de résister à ceux qui veulent l’altérer en enseignant des doctrines, ou fausses, ou inutiles, et qui ne sont propres qu’à exciter des disputes et du trouble dans l’église.

II. La seconde, que le but de la religion est la charité qui procède d’un cœur pur, d’une bonne conscience et d’une foi sincère, et que ceux qui se détournent de ce but s’égarent en de vains discours.

C’est par là que nous pouvons juger si les doctrines qu’on nous annonce sont véritables et si nous sommes nous-mêmes du nombre des vrais et sincères chrétiens.

III. La troisième instruction est que la loi en tant qu’elle défendait aux Juifs les crimes les plus grossiers avait été donnée plutôt pour réprimer les méchants et les hommes corrompus que pour les gens de bien qui ont en horreur ces crimes-là.

D’où il suit que bien qu’elle ne soit pas abolie, elle n’a plus à cet égard-là le même usage par rapport aux chrétiens qu’elle avait autrefois, puisque l’Évangile forme les hommes à la plus parfaite sainteté.

IV. St. Paul nous enseigne ici que Jésus-Christ est venu au monde pour sauver les pécheurs et c’est ce qu’il confirme par son exemple.

C’est là une doctrine pleine de consolation pour les pécheurs véritablement repentants. Sur quoi il faut cependant remarquer ce que dit St. Paul, savoir que Dieu lui avait fait miséricorde parce que, lorsqu’il avait persécuté l’église et blasphémé contre Jésus-Christ il l’avait fait par ignorance, étant dans l’incrédulité. Cela nous apprend qu’il est bien plus facile d’obtenir le pardon des péchés qui sont commis par ignorance que ceux où l’on tombe volontairement et contre la connaissance que l’on a de la volonté de Dieu.

V. Enfin, nous voyons dans ce chapitre que l’on doit sur toutes choses s’étudier à avoir une bonne conscience, puisqu’en la perdant on perd la foi et qu’on tombe dans le dernier endurcissement. 

CHAPITRE II

I. L’apôtre ordonne qu’on prie dans l’église pour tous les hommes et en particulier pour les rois et les magistrats qui étaient alors païens et il fonde cet ordre sur ce que Dieu veut le salut de tous les hommes et que c’est dans cette vue qu’il a envoyé son fils pour les sauver et qu’il leur fait annoncer son Évangile. II. Il ordonne que les hommes prient dans un esprit de paix et de pureté et que les femmes assistent aux assemblées de l’église avec un habillement modeste et qu’elles demeurent dans le respect et dans le silence.

1 Je recommande donc avant toutes choses, qu’on fasse des requêtes, des prières, des supplications et des actions de grâces pour tous les hommes ;

2 pour les rois, et pour tous ceux qui sont constitués en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et en toute honnêteté.

3 Car cela est bon et agréable à Dieu notre Sauveur,

4 qui veut que tous les hommes soient sauvés et qu’ils parviennent à la connaissance de la vérité ;

5 car il y a un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ, homme ;

6 qui s’est donné soi-même en rançon pour tous ; c’est le témoignage qui a été rendu en son propre temps.

7 C’est pour cela (je dis la vérité en Christ, je ne mens point), c’est pour cela que j’ai été établi prédicateur, apôtre et docteur des Gentils dans la foi et dans la vérité.

8 Je veux donc que les hommes prient en tout lieu, levant leurs mains au ciel, sans colère et sans contestations ;

9 et de même, que les femmes se parent d’un vêtement honnête, avec pudeur et modestie, non avec des cheveux frisés, ni avec de l’or, ou des perles, ou des habits somptueux ;

10 mais qu’elles se parent de bonnes œuvres, comme il est séant à des femmes qui font profession de servir Dieu.

11 Que la femme écoute l’instruction avec silence et une entière soumission ;

12 car je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre aucune autorité sur son mari ; mais il faut qu’elle demeure dans le silence.

13 Car Adam fut formé le premier, et Eve ensuite.

14 Et ce ne fut pas Adam qui fut séduit ; mais la femme, ayant été séduite, fut cause de la transgression.

15 Cependant la femme sera sauvée, quoi qu’elle enfante avec douleur, si elle demeure dans la foi, dans la charité, dans la sainteté et dans la modestie. 

REFLEXIONS

Nous apprenons de ce chapitre :

I. Que c’est un devoir tout à fait indispensable dans la religion de faire des prières publiques pour le salut de tous les hommes et en particulier pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en autorité et qu’ainsi ces prières font une partie essentielle du culte des chrétiens,

II. Que la bonté de Dieu envers les hommes est si grande qu’il veut que tous soient sauvés et que c’est à cause de cela qu’il a donné son fils Jésus-Christ pour être médiateur entre lui et eux. C’est aussi ce qui nous oblige à désirer le salut de tous les hommes, à les aimer tous et à prier pour eux

III. Que les prières ne peuvent être agréables à Dieu à moins qu’elles ne soient faites avec un cœur pur et dans un esprit de charité et de paix, sans colère et sans contestation.

Outre cela, l’Apôtre donne aux femmes chrétiennes ces trois leçons :

La première, de s’habiller avec beaucoup de modestie et de pudeur, comme il est séant à des femmes qui font profession de servir Dieu, de fuir l’immodestie et les ornements excessifs et d’observer surtout ces règles lorsqu’elles assistent aux assemblées religieuses.

La seconde, de demeurer dans le silence et dans la soumission, non seulement dans l’église, mais aussi dans les maisons envers leurs maris.

Et la troisième, que celles à qui Dieu donne des enfants se sauveront si elles prennent soin des enfants qu’elles ont mis au monde, si elles les élèvent dans la piété et si elles demeurent elles-mêmes dans la foi, dans la charité, dans la sainteté et dans la modestie.

CHAPITRE III

St. Paul parle dans ce chapitre : I. De l’importance de la charge d’évêque et de pasteur et des qualités que doivent avoir ceux qui sont admis à cet emploi. II. De la charge des diacres dont l’office était d’administrer les aumônes de l’église et d’assister les évêques dans leurs fonctions et il marque aussi les vertus qui doivent se rencontrer dans les diacres. III. Pour engager Timothée à n’admettre aux charges ecclésiastiques que des personnes qui en fussent dignes et à conduire l’église comme il faut, il lui présente quelle est la dignité de l’église de Dieu et l’excellence de la doctrine qui y est enseignée.

1 Cette parole est certaine : Si quelqu’un désire d’être évêque, il désire une œuvre excellente.

2 Mais il faut que l’évêque soit irrépréhensible, mari d’une seule femme, sobre, prudent, grave, hospitalier, propre à enseigner ;

3 qu’il ne soit pas adonné au vin, ni violent, ni porté au gain déshonnête, mais qu’il soit modéré, éloigné des querelles, exempt d’avarice ;

4 qu’il gouverne bien sa propre famille, tenant ses enfants dans la soumission et dans toute sorte d’honnêteté.

5 Car si quelqu’un ne sait pas conduire sa propre famille, comment pourra-t-il gouverner l’Eglise de Dieu ?

6 Qu’il ne soit point nouvellement converti, de peur qu'étant enflé d’orgueil, il ne tombe dans la condamnation du diable.

7 Il faut aussi qu’il ait bon témoignage de ceux qui sont hors de l’Eglise, de peur qu’il ne tombe dans l’opprobre et dans le piège du diable.

8 De même, il faut que les diacres soient graves, qu’ils ne soient ni doubles en paroles, ni adonnés aux excès du vin, ni portés au gain déshonnête ;

9 mais qu’ils conservent le mystère de la foi avec une conscience pure ;

10 et que ceux-ci soient aussi premièrement éprouvés ; qu’ensuite ils servent, s’ils sont trouvés sans reproche.

11 Il faut de même, que leurs femmes soient graves, qu’elles ne soient point médisantes, qu’elles soient sobres, et fidèles en toutes choses.

12 Que les diacres soient maris d’une seule femme, gouvernant bien leurs enfants et leurs propres familles.

13 Car ceux qui auront bien servi, s’acquièrent un degré honorable, et une grande liberté dans la foi qui est en Jésus-Christ.

14 Je t’écris ceci, espérant d’aller te voir bientôt ;

15 afin que, si je tarde, tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu qui est l’Eglise du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité.

16 Et, certainement, le mystère de piété est grand ; Dieu a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans le monde, et élevé dans la gloire.

REFLEXIONS

Ce que St. Paul dit de l’excellence de la charge d’évêque et des qualités qui sont requises en ceux qui y aspirent ou qui l’exercent nous montre que cette charge est d’institution divine et d’une très grande importance. C’est sur quoi les pasteurs doivent faire de sérieuses réflexions afin de se rendre digne d’un si saint emploi, non seulement en évitant tous les défauts qui rendraient leur ministère infructueux et en vivant d’une manière qu’on ne puisse leur en reprocher aucun avec justice, mais outre cela en ayant une conduite édifiante et en donnant l’exemple de toutes sortes de vertus.

I. Les règles que St. Paul prescrit ici montrent qu’il n’est pas permis d’admettre aux ordres sacrés des personnes qui ne soient pas irrépréhensibles et propres à enseigner et à conduire l’église de Dieu.

III. Tous les chrétiens doivent considérer que puisque cette charge est d’une si grande conséquence et que le salut des âmes et la gloire de Dieu en dépendent, le caractère des pasteurs doit être vénérable et sacré dans l’église et qu’on doit avoir en révérence ceux qui en sont revêtus et qui le soutiennent dignement.

Pour ce qui est des diacres, il paraît de ce chapitre que leur charge, qui avait été établie d’abord après l’ascension de Jésus-Christ, fut conservée dans toutes les églises, de même que celle des évêques et qu’outre qu’elle était fort utile à cause des fonctions auxquelles les diacres s’employaient, elle servait à former de bons pasteurs, les apôtres ayant établi une subordination et réglé qu’on n’élèverait personne à la charge d’évêque que par degrés et que les évêques seraient pris d’entre les diacres qui auraient bien servi. Par ce moyen on ne mettait à la tête des églises que des gens connus et qui eussent suffisamment d’âge et d’expérience.

C’est un très grand mal que ce bel ordre ne s’observe plus aujourd’hui dans la plupart des églises.

Enfin, ce que St. Paul dit de la dignité de l’église du Dieu vivant et de l’excellence de la doctrine qui y est enseignée doit être bien considéré, tant par les conducteurs de l’église que par tous les fidèles afin que les uns et les autres soient incités par là à respecter l’église du Seigneur, à y demeurer inviolablement attachés et à s’acquitter de leur devoir, chacun suivant son état et sa vocation. 

CHAPITRE IV

I. L’Apôtre avertit Timothée qu’il s’élèverait de faux docteurs qui condamneraient le mariage et l’usage de certaines viandes. II. Il exhorte Timothée à enseigner la pure doctrine et à s’attacher à la vraie piété de laquelle il représente l’utilité et les fruits. III. Il lui recommande de rendre son ministère et sa jeunesse respectables et d’être attentif à tous ses devoirs.

1 L’Esprit dit expressément que dans les derniers temps quelques-uns se révolteront de la foi, s’attachant à des esprits séducteurs, et aux doctrines des démons ;

2 enseignant des mensonges par hypocrisie, étant cautérisés dans leur propre conscience ;

3 défendant de se marier, commandant de s’abstenir de viandes que Dieu a créées, afin que les fidèles et ceux qui ont connu la vérité en usent avec actions de grâces.

4 Car tout ce que Dieu a créé, est bon, et rien n’est à rejeter, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces ;

5 parce qu’il est sanctifié par la parole de Dieu, et par la prière.

6 Si tu représentes ces choses aux frères, tu seras un bon ministre de Jésus-Christ, nourri dans les paroles de la foi et de la bonne doctrine que tu as suivie avec soin.

7 Mais rejette les fables profanes et semblables à celles des vieilles, et exerce-toi à la piété.

8 Car l’exercice corporel est utile à peu de chose ; mais la piété est utile à toutes choses, ayant la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir.

9 Cette parole est certaine et digne d’être reçue avec une entière croyance.

10 C’est à cause de cela que nous endurons des travaux et des opprobres, parce que nous espérons au Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, et principalement des fidèles.

11 Annonce ces choses, et les enseigne.

12 Ne donne sujet à personne de mépriser ta jeunesse ; mais sois le modèle des fidèles par tes paroles, par ta conduite, par ta charité, par l’esprit qui t’anime, par ta foi, par ta pureté.

13 Applique-toi à la lecture, à l’exhortation et à l’instruction, en attendant que je vienne.

14 Ne néglige point le don qui est en toi, qui t’a été donné par prophétie, par l’imposition des mains de l’assemblée des pasteurs.

15 Pense à ces choses et sois-en toujours occupé, afin que tout le monde voie les progrès que tu fais.

16 Prends garde à toi et à l’instruction ; persévère dans ces choses ; car en faisant cela, tu te sauveras toi-même, et ceux qui t’écoutent. 

REFLEXIONS

Pour profiter de cette lecture il faut remarquer en premier lieu, qu’il s’éleva dans l’église primitive et dans les siècles suivants, selon la prédiction que St. Paul fait ici, des faux docteurs qui, sous un vain prétexte de piété, condamnèrent le mariage et l’usage des viandes et introduisirent diverses erreurs dans la religion.

Cela doit nous faire reconnaître combien il importe d’éviter l’erreur et la superstition et de ne s’écarter jamais de la doctrine de l’Évangile. Mais il faut cependant se souvenir que ce que St. Paul dit ici n’autorise point le libertinage et la sensualité et que l’usage des créatures de Dieu n’est permis qu’autant qu’on s’en sert avec modération et avec actions de grâces.

II. Comme ces imposteurs, dont St. Paul parle, étaient des hommes charnels qui cherchaient à s’enrichir et à jouir des commodités de la vie et qui faisaient servir la religion à leur intérêt, St. Paul représente à Timothée que la véritable piété est ce qu’il y a de plus utile, même dès cette vie : qu’elle a la promesse de la vie présente aussi bien que celle de la vie à venir et que Dieu, qui a soin de tous les hommes, a particulièrement soin des fidèles.

C’est là une vérité constante et c’est ce qui nous apprend que le vrai et unique moyen d’être heureux, et en cette vie et en l’autre, c’est de nous attacher par-dessus toutes choses à la solide piété.

III. St. Paul marque dans ce chapitre que le devoir des ministres de l’Évangile est d’annoncer une doctrine pure, de s’exercer continuellement à la piété, de se conduire d’une manière qu’ils ne donnent occasion à personne de les mépriser et qu’ils soient des modèles de foi, de sainteté, de pureté et de toutes sortes de vertus dans leurs discours et dans toute leur conduite. Il leur recommande outre cela de cultiver leurs dons par le travail, par l’étude et par l’assiduité aux fonctions de leur charge en sorte que tout le monde soit témoin de leurs progrès et qu’ils puissent se sauver eux-mêmes et ceux qui les écoutes.

Ces leçons s’adressent premièrement aux pasteurs et ils doivent y faire la plus sérieuse attention, mais elles engagent aussi tous les chrétiens à faire un bon usage du ministère de leurs conducteurs et à prier le Seigneur qu’il sanctifie ceux qui exercent cette sainte charge, afin qu’ils s’acquittent de tous leurs devoirs à la gloire de Dieu et à l’édification de l’église.

CHAPITRE V

St. Paul prescrit à Timothée la manière dont il devait se conduire dans les avertissements et dans les censures et lorsqu’il s’agirait de recevoir des veuves au service de l’église. L’Apôtre marque à cette occasion le devoir des femmes et les défauts qu’elles doivent éviter. Il parle ensuite de l’honneur et du salaire qui est dû aux pasteurs et de ce qu’il fallait observer dans les accusations qui seraient faites contre eux et dans leur ordination.

1 Ne reprends pas rudement un vieillard ; mais exhorte-le comme un père ; les jeunes gens comme des frères ;

2 les femmes âgées comme des mères ; les jeunes comme des sœurs, avec une entière pureté.

3 Honore les veuves qui sont véritablement veuves.

4 Mais si quelque veuve a des enfants, ou des enfants de ses enfants, qu’ils apprennent avant toutes choses à exercer leur piété envers leur propre famille, et à rendre la pareille à ceux qui leur ont donné la vie ; car cela est bon et agréable à Dieu.

5 Or, la veuve qui est véritablement veuve, et qui est demeurée seule, espère en Dieu et persévère nuit et jour en prières et en oraison.

6 Mais celle qui vit dans les plaisirs, est morte en vivant.

7 Avertis-les donc de ces choses, afin qu’elles soient sans reproche.

8 Que si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi et il est pire qu’un infidèle.

9 Que celle qui sera mise sur le rôle des veuves, n’ait pas moins de soixante ans ; et qu’elle ait été femme d’un seul mari ;

10 et qu’elle ait le témoignage d’avoir fait de bonnes œuvres, d’avoir bien élevé ses propres enfants, d’avoir exercé l’hospitalité, lavé les pieds des saints, secouru les affligés, et de s’être appliquée à toutes les bonnes œuvres.

11 Mais n’admets pas les veuves qui sont plus jeunes, car quand le libertinage leur a fait secouer le joug de Christ, elles veulent se remarier ;

12 ce qu’elles font à leur condamnation, parce qu’elles ont violé leur premier engagement.

13 Et avec cela elles sont oisives ; elles s’accoutument à aller de maison en maison ; et non-seulement elles vivent dans l’oisiveté, mais elles sont aussi causeuses et curieuses, et parlent de choses qui ne sont pas bienséantes.

14 Je veux donc que ces jeunes veuves se marient, qu’elles aient des enfants, qu’elles gouvernent leur ménage, qu’elles ne donnent aucune occasion à l’adversaire de médire.

15 Car il y en a quelques-unes qui se sont déjà égarées pour suivre Satan.

16 Que si quelque fidèle, homme ou femme, a des veuves dans sa famille, qu’il les assiste, et que l’Eglise n’en soit point chargée, afin qu’elle ait de quoi entretenir celles qui sont véritablement veuves.

17 Que les pasteurs qui s’acquittent bien de leurs fonctions, soient jugés dignes d’un double honneur ; principalement ceux qui travaillent à la prédication de la parole et à l’instruction.

18 Car l’Ecriture dit : Tu ne lieras point la bouche au bœuf qui foule le grain ; et l’ouvrier est digne de son salaire.

19 Ne reçois aucune accusation contre un pasteur, que sur la déposition de deux ou de trois témoins.

20 Reprends publiquement ceux qui pèchent, afin de donner de la crainte aux autres.

21 Je te conjure devant Dieu, devant le Seigneur Jésus-Christ, et devant les anges élus, d’observer ces choses sans aucune prévention, et sans rien faire par des affections particulières.

22 N’impose les mains à personne avec précipitation, et ne participe point aux péchés d’autrui ; conserve-toi pur toi-même.

23 Ne continue pas à ne boire que de l’eau ; mais use d’un peu de vin, à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions.

24 Il y a des personnes dont les péchés sont manifestes, et précèdent leur condamnation ; mais il y en a d’autres dont les péchés ne se découvrent que dans la suite.

25 De même, il y a de bonnes œuvres qui sont manifestes ; et si elles ne le sont pas d’abord, elles ne sauraient demeurer toujours cachées. 

REFLEXIONS

Ce qui est dit dans ce chapitre apprend premièrement aux pasteurs à dispenser leurs exhortations avec prudence, ayant égard aux personnes à qui ils les adressent et à se conduire en toutes choses avec beaucoup de discrétion et en même temps avec droiture et intégrité.

II. Les règles que St. Paul prescrit par rapport aux veuves qui servaient l’église montrent

  • Que tout doit se passer avec ordre dans l’église du Seigneur, particulièrement à l’égard des œuvres de charité,
  • Que l’on ne doit confier la dispensation des aumônes et le soin des choses saintes qu’à des personnes graves et pieuses
  • Et que ceux qui ont des parents pauvres et qui peuvent les assister sont obligés de le

III. On voit ici

  • Que les femmes âgées doivent s’attacher aux œuvres de piété et de charité et donner aux jeunes femmes de bonnes instructions et de bons exemples,
  • Que c’est une vie indigne de femmes chrétiennes que d’être oiseuses, causeuses, curieuses et d’aller de maison en maison, mais que Dieu veut qu’elles soient sages, modestes, chastes, retirées et qu’elles prennent soin de leur ménage et de leur
  • L’ordre que St. Paul donne à Timothée de reprendre publiquement ceux qui pèchent établit la nécessité de la discipline de l’église et des censures publiques.

Enfin, l’on peut recueillir de tout ce chapitre que le ministère des pasteurs est une charge bien importante, qu’elle demande beaucoup de prudence, de lumières et de probité, qu’ainsi l’on doit être fort circonspect et ne rien faire avec précipitation lorsqu’il s’agit d’admettre des personnes à un ministère si saint, comme d’un autre côté on ne doit pas accuser, ni condamner légèrement et sans de justes fondements ceux qui l’exercent.

CHAPITRE VI

Il est parlé dans ce chapitre : I. Du devoir des serviteurs envers leurs maîtres. II. Des faux docteurs qui enseignent une doctrine différente de celle de St. Paul et du mal qu’ils faisaient dans l’église en y excitant des disputes. III. Et parce que ces docteurs-là agissaient dans des vues d’intérêt, St. Paul parle du contentement d’esprit et des maux qui naissent de l’amour des richesses. IV. Il somme Timothée avec beaucoup de force d’observer tout ce qu’il venait de lui prescrire, de conserver la pureté de la doctrine et de fuir les disputes inutiles.

1 Que tous les esclaves qui sont sous le joug de la servitude, regardent leurs maîtres comme dignes de toute sorte d’honneur, afin que le nom de Dieu et sa doctrine ne soient point blâmés ;

2 et que ceux qui ont des fidèles pour maîtres, ne les méprisent point, sous prétexte qu’ils sont leurs frères ; mais qu’ils les servent d’autant mieux, par cela même qu’ils sont fidèles, chéris de Dieu, et qu’ils ont soin de leur faire du bien. Enseigne-leur ces devoirs, et les y exhorte.

3 Si quelqu’un enseigne autrement, et n’acquiesce pas aux salutaires instructions de notre Seigneur Jésus-Christ, et à la doctrine qui est selon la piété,

4 il est enflé, il ne sait rien, mais il a la maladie des questions et des disputes de mots ; d’où naissent l’envie, les querelles, les médisances, et les mauvais soupçons ;

5 les vaines disputes de gens qui ont l’esprit corrompu, qui sont privés de la vérité, et qui regardent la piété comme un moyen de gagner du bien. Sépare-toi de ces gens-là.

6 Or, la piété avec le contentement d’esprit est un grand gain.

7 Car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous n’en pouvons rien emporter.

8 Ainsi, pourvu que nous ayons la nourriture, et de quoi nous vêtir, cela nous suffira.

9 Mais ceux qui veulent devenir riches, tombent dans la tentation et dans le piège, et en plusieurs désirs insensés et pernicieux, qui plongent les hommes dans la ruine et dans la perdition.

10 Car l’amour des richesses est la racine de toutes sortes de maux ; et quelques-uns les ayant recherchées avec ardeur, se sont détournés de la foi, et se sont eux-mêmes embarrassés dans bien du tourment.

11 Mais toi, ô homme de Dieu, fuis ces choses, et recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la patience et la douceur.

12 Combats dans le combat de la foi, remporte la vie éternelle, à laquelle tu as été appelé, et dont tu as fait une si belle profession en présence de plusieurs témoins.

13 Je te somme devant Dieu, qui donne la vie à toutes choses, et devant Jésus-Christ, qui fit cette belle confession devant Ponce Pilate,

14 de garder ces commandements, étant sans tache et sans reproche, jusqu’à l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ,

15 qui sera manifesté en son propre temps, par le bienheureux et seul Prince, le Roi des rois, et le Seigneur des seigneurs,

16 qui seul possède l’immortalité, et qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu, ni ne peut voir, à qui appartiennent l’honneur et la puissance éternelle. Amen.

17 Recommande aux riches de ce monde de n’être point orgueilleux ; de ne point mettre leur confiance dans l’instabilité des richesses, mais de la mettre dans le Dieu vivant, qui nous donne toutes choses abondamment pour en jouir ;

18 de faire du bien, d’être riches en bonnes œuvres, prompts à donner, et a faire part de leurs biens ;

19 s’amassant ainsi pour l’avenir un trésor placé sur un bon fonds, afin d’obtenir la vie éternelle.

20 O Timothée, garde le dépôt qui t’a été confié, fuyant les discours vains et profanes, et tout ce qu’oppose une science faussement ainsi nommée ;

21 de laquelle quelques-uns faisant profession, se sont détournés de la foi. La grâce soit avec toi. Amen. 

REFLEXIONS

I. Le soin que St. Paul a de marquer le devoir des esclaves après avoir parlé de celui des pasteurs montre que Dieu veut le salut de toutes sortes de personnes et qu’il n’a pas d’égard à la différence des conditions. Cela fait voir aussi que les serviteurs doivent être fidèles et soumis à leurs maîtres, considérant que, si du temps de St. Paul les esclaves qui avaient des maîtres païens étaient obligés à ce devoir, ceux qui servent des maîtres chrétiens le sont beaucoup plus.

II. Il faut faire une sérieuse attention à ce que St. Paul dit ici si fortement contre les questions et les disputes inutiles et curieuses et contre ceux qui s’y adonnent, lesquels il représente comme des gens pleins d’orgueil qui ont le cœur gâté et qui causent des maux infinis dans l’église. Cela doit inspirer, tant à ceux qui enseignent, qu’à tous les chrétiens, une extrême aversion pour ces sortes de disputes et les engager à éviter, comme St. Paul l’ordonne, ceux qui les excitent et qui les entretiennent et nous séparer d’eux.

III. Une troisième instruction que ce chapitre contient, C’est que la piété avec le contentement d’esprit est un grand gain, que, comme nous n’avons rien apporté au monde, nous n’en emporterons rien et que, pourvu que nous ayons la nourriture et le vêtement, cela doit nous suffire.

Cette leçon est très importante pour la tranquillité de la vie et pour se garantir des tentations où l’on tombe dès qu’on s’écarte de cette règle.

IV. L’Apôtre confirme cette leçon en nous avertissant : que l’amour des richesses est la racine de toutes sortes de maux, que ceux qui ont envie de devenir riches s’engagent dans la tentation, dans des pièges et dans plusieurs désirs insensés et pernicieux qui les plongent dans la perdition.

C’est là une vérité que la parole de Dieu nous enseigne et que l’expérience confirme tous les jours.

V. St. Paul marque ici le devoir de ceux qui ont du bien, c’est : de ne pas mettre leur confiance dans leurs richesses qui sont incertaines et périssables, mais d’être riches en bonnes œuvres afin de se faire un trésor pour l’avenir et d’obtenir la vie éternelle.

Ce sont là des devoirs que le christianisme impose à tous les chrétiens à qui Dieu a donné des biens en ce monde et qu’ils doivent avoir continuellement devant les yeux.

Enfin, la manière grave et solennelle dont St. Paul somme Timothée de remplir tous les devoirs de sa charge et de conserver fidèlement le dépôt de la pure doctrine qui lui avait été confié doit engager tous ceux qui sont dans le ministère sacré à redoubler de plus en plus leur zèle et à s’acquitter de tous leurs devoirs avec tant de fidélité : qu’ayant combattu dans le bon combat de la foi, ils obtiennent la vie éternelle et qu’ils soient irrépréhensibles à la venue de notre Seigneur Jésus-Christ, laquelle le bienheureux et le seul Prince, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs manifestera en son temps, lui qui possède seul l’immortalité qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu, ni ne peut voir et auquel appartient l’honneur et la puissance éternellement, amen !

La première à Timothée a été écrite de Laodicée qui est la métropolitaine de la Phrygie pacatienne. 

ARGUMENT 

L’Apôtre St. Paul écrivit cette épître environ l’an 66 de Jésus-Christ étant prisonnier à Rome pour la seconde fois, un peu avant que de souffrir le martyre. Il y réitère les exhortations qu’il avait déjà adressées auparavant à Timothée et il lui recommande de s’acquitter fidèlement et avec un nouveau zèle des devoirs de sa charge. 

  Chapitres   Chapitre I.  Chapitre II. Chapitre III.  Chapitre IV.  Livres du Nouveau Testament.

CHAPITRE I.

St. Paul marque la tendresse qu’il avait pour Timothée et il loue sa foi et sa piété. Il l’exhorte à redoubler son zèle, à ne point se rebuter à cause des afflictions auxquelles les fidèles et particulièrement les ministres de l’Évangile étaient exposés et à retenir toujours la pure doctrine de Jésus-Christ. Il se plaint de ceux qui l’avaient abandonné et il prie Dieu pour la famille d’Onésiphore qui avait eu soin de lui dans le temps qu’il était en prison à Rome. 

1 Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu, pour annoncer la promesse de la vie qui est en Jésus-Christ ;

2 à Timothée, mon cher fils. Grâce, miséricorde et paix de la part de Dieu le Père, et de Jésus-Christ notre Seigneur.

3 Je rends grâces à Dieu que je sers avec une conscience pure comme mes ancêtres ont fait, et je ne cesse de faire mention de toi dans mes prières, nuit et jour ;

4 me souvenant de tes larmes, et désirant fort de te voir, afin d’être rempli de joie ;

5 rappelant aussi le souvenir de la foi sincère qui est en toi, et qui a été auparavant en Loïs ton aïeule, et en Eunice ta mère, et je suis persuadé qu’elle est aussi en toi.

6 C’est pourquoi je t’avertis de rallumer le don de Dieu qui est en toi, et que tu as reçu par l’imposition de mes mains.

7 Car Dieu ne nous a point donné un esprit de timidité, mais il nous, a donné un esprit de force, de charité et de prudence.

8 N’aie donc point honte du témoignage de notre Seigneur, ni de moi qui suis prisonnier à cause de lui ; mais souffre avec moi pour l’évangile, par la force que Dieu te donne,

9 lequel nous a sauvés, et nous a appelés par une vocation sainte, non selon nos œuvres, mais selon qu’il avait résolu et selon la grâce qui nous a été donnée en Jésus-Christ avant tous les siècles ;

10 Et qui a été maintenant manifestée par l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, qui a détruit la mort, et mis en évidence la vie et l’immortalité par l’évangile ;

11 pour lequel j’ai été établi prédicateur, et apôtre et docteur des Gentils.

12 C’est ce qui m’a attiré tous les maux que j’endure ; mais je n’en ai point de honte, car je sais à qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder mon dépôt jusqu’à ce jour-là.

13 Retiens le modèle des saines instructions que tu as ouïes de moi, en suivant la foi et la charité qui est en Jésus-Christ.

14 Garde le bon dépôt, par le Saint-Esprit qui habite en nous.

15 Tu sais que tous ceux qui sont d’Asie m’ont abandonné, du nombre desquels sont Phygelle et Hermogène.

16 Le Seigneur veuille exercer sa miséricorde envers la famille d’Onésiphore ; car il m’a souvent consolé, et il n’a point eu honte de mes chaînes.

17 Au contraire, quand il a été à Rome, il m’a cherché fort soigneusement, et il m’a trouvé.

18 Le Seigneur lui fasse trouver miséricorde devant lui en ce jour-là ; et tu sais mieux que personne, combien il m’a assisté à Ephèse. 

REFLEXIONS

L’éloge que St. Paul fait à l’entrée de cette épître de la piété que Timothée avait fait paraître dès sa jeunesse et dans laquelle il avait été élevé par sa mère et sa grand-mère fait voir que c’est un grand bonheur d’avoir eu une éducation chrétienne et que les pères et les mères qui inspirent la piété à leurs enfants leur procurent le plus grand de tous les biens. Mais les exhortations que St. Paul adresse à Timothée d’allumer de plus en plus le don de Dieu qui était en lui et de persévérer dans la foi avertissent ceux qui ont été bien élevés et qui ont eu d’heureux commencements d’entretenir avec soin ce don céleste, de travailler à l’augmenter et de faire une profession constante de la piété, sans en avoir jamais honte et sans se rebuter par les oppositions qu’ils rencontrent.

Tous les chrétiens doivent faire ces considérations, mais elles regardent d’une façon toute particulière les ministres de l’Évangile. On peut aussi voir par-là que c’est un avantage très précieux pour l’église lorsque Dieu y établit des pasteurs, du caractère de Timothée, qui ont été pieux dès leur jeune âge et dont le zèle va toujours en croissant.

Enfin, les vœux que l’apôtre fait pour Onésiphore, qui ne l’avait pas abandonné comme d’autres avaient fait, mais qui l’avait consolé dans sa prison, nous fait voir que c’est une œuvre bien agréable à Dieu que d’assister ceux qui sont affligés et particulièrement ceux qui souffrent pour l’Évangile et que ceux qui l’auront fait en recevront la récompense et trouveront miséricorde devant le Seigneur au dernier jour. 

CHAPITRE II.

St. Paul exhorte Timothée à supporter avec courage les travaux qui accompagnaient l’exercice de sa charge. Il lui recommande d’annoncer la pure parole de Dieu et de s’opposer aux disputes vaines et profanes desquelles il représente les pernicieux effets en disant que c’est comme une gangrène qui se répand toujours davantage et qu’elles sont capables d’engager dans des erreurs mortelles comme cela était arrivé à certains faux docteurs de ce temps-là qui niaient la résurrection. L’Apôtre ajoute que cependant il y avait toujours des docteurs fidèles et des chrétiens qui se garantissaient de ces erreurs et que le caractère auquel on les reconnaît c’est qu’ils se retiraient du vice. Enfin, il ordonne à Timothée de fuir les désirs de la jeunesse, de réprimer les disputes et de travailler à ramener ceux qui étaient dans l’erreur. 

1 Toi donc, mon fils, fortifie-toi dans la grâce qui est en Jésus-Christ.

2 Et ce que tu as appris de moi, en présence de plusieurs témoins, confie-le à des personnes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aux autres.

3 Supporte les travaux, comme un bon soldat de Jésus-Christ.

4 Nul homme qui va à la guerre ne s’embarrasse des affaires de la vie ; et cela, afin qu’il puisse plaire à celui qui l’a enrôlé pour la guerre.

5 De même, celui qui combat dans la lice, n’est point couronné, s’il n’a combattu suivant les lois.

6 Il faut que le laboureur travaille, avant que de recueillir les fruits.

7 Considère ce que je te dis ; et que le Seigneur te rende intelligent en toutes choses.

8 Souviens-toi que Jésus-Christ, qui est de la race de David, est ressuscité des morts, selon mon évangile,

9 pour lequel je souffre des maux, jusqu’à être lié comme un malfaiteur ; mais la parole de Dieu n’est point liée.

10 C’est à cause de cela que je souffre toutes choses pour l’amour des élus, afin qu’ils obtiennent aussi le salut qui est en Jésus-Christ, avec la gloire éternelle.

11 Cette parole est certaine, que si nous mourons avec lui, nous vivrons aussi avec lui.

12 Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui. Si nous le renonçons, il nous renoncera aussi.

13 Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle ; il ne peut se renoncer soi-même.

14 Fais souvenir de ces choses, protestant devant le Seigneur qu’on ne dispute point de mots, ce qui ne sert de rien, et ne fait que pervertir les auditeurs.

15 Efforce-toi de te rendre approuvé de Dieu, comme un ouvrier sans reproche, dispensant comme il faut la parole de la vérité.

16 Mais réprime les discours profanes et vains ; car ils ne produiraient qu’une plus grande impiété ;

17 et la parole des profanes ronge comme la gangrène. Tels sont Hyménée et Philète,

18 qui se sont détournés de la vérité, en disant que la résurrection est déjà arrivée, et qui renversent la foi de quelques-uns.

19 Toutefois, le fondement de Dieu demeure ferme, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens ; et : Quiconque invoque le nom de Christ, qu’il se retire de l’iniquité.

20 Dans une grande maison il n’y a pas seulement des vaisseaux d’or et d’argent, mais il y en a aussi de bois et de terre ; les uns sont pour des usages honorables, et les autres pour des usages vils.

21 Si quelqu’un donc se conserve pur à l’égard de ces choses-là, il sera un vaisseau honorable, sanctifié, propre au service du Seigneur, et préparé pour toutes sortes de bonnes œuvres.

22 Fuis aussi les désirs de la jeunesse, et recherche la justice, la foi, la charité et la paix avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur.

23 Et rejette les questions folles, et qui sont sans instruction, sachant qu’elles ne produisent que des contestations.

24 Or, il ne faut pas que le serviteur du Seigneur aime à contester ; mais il doit être doux envers tous, propre à enseigner, patient ;

25 instruisant avec douceur ceux qui sont d’un sentiment contraire, afin de voir si Dieu ne leur donnera point la repentance, pour connaître la vérité ;

26 en sorte qu’ils se réveillent, et qu’ils se dégagent du piège du diable, par lequel ils ont été pris pour faire sa volonté. 

REFLEXIONS

Ce que l’on lit dans ce chapitre concerne directement les ministres de l’Évangile. Ils peuvent voir ici que leur charge les appelle à servir fidèlement Jésus-Christ et :

  • À se consacrer pour cet effet entièrement à lui sans s’embarrasser des affaires de cette vie,
  • À souffrir les travaux qui accompagnent leur emploi,
  • À procurer l’édification de l’église,
  • À en bannir l’erreur et les vaines disputes et à y faire régner la vérité, la piété et la concorde,
    • À conserver la paix avec tous ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur
    • Et enfin, à travailler avec zèle et en même temps avec patience et avec douceur, à ramener de l’égarement ceux qui y sont engagés.

Outre ces réflexions qui regardent les conducteurs de l’église en particulier, il faut faire ici ces trois considérations générales.

I. La première, que la qualité de chrétiens que nous portons et le vœu que nous avons fait de renoncer au monde pour nous consacrer au service de Jésus-Christ nous engage aussi indispensablement à nous détacher de tout ce qui pourrait nous empêcher de lui être fidèles, à tout faire et à tout souffrir pour l’amour de lui, nous souvenant que : si nous souffrons avec lui, nous règnerons aussi avec lui, mais que si nous le renonçons, il nous renoncera aussi.

II. Nous voyons dans ce chapitre qu’il est dangereux d’écouter ceux qui excitent du trouble dans l’église et qui y répandent des erreurs et qu’ainsi chacun doit être sur ses gardes, ne se départir jamais de la doctrine qui est enseignée dans la parole de Dieu et être toujours animé d’un esprit d’union et de paix.

III. Enfin, tous les chrétiens doivent bien retenir ces paroles de St. Paul qui nous mettent devant les yeux ce qu’il faut surtout savoir dans la religion, c’est : que Dieu connaît ceux qui sont siens, que la marque à laquelle il les discerne, c’est qu’ils se détournent du vice, que dans l’église il y a des vaisseaux pour des usages honorables et des vaisseaux pour des usages vils, c’est-à-dire des fidèles et des méchants et que si quelqu’un travaille à se purifier, il sera un vaisseau sanctifié pour l’honneur, utile au Seigneur et préparé pour toutes sortes de bonnes œuvres.

CHAPITRE III.

St. Paul prédit qu’une grande corruption entrerait dans l’église par les faux docteurs et par des personnes qui corrompraient la doctrine et la morale chrétienne. Il exhorte Timothée à s’éloigner de ces gens-là, desquels il marque la ruine, à imiter sa conduite et sa patience dans les afflictions et principalement à s’attacher à la doctrine qui est contenue dans l’Écriture sainte, dont il établit la divinité et l’utilité. 

1 Sache, au reste, que dans les derniers jours il y aura des temps fâcheux.

2 Car les hommes seront amateurs d’eux-mêmes, avares, vains, orgueilleux, médisants, désobéissants à leurs pères et à leurs mères, ingrats, profanes ;

3 sans affection naturelle, sans fidélité, calomniateurs, incontinents, cruels, ennemis des gens de bien ;

4 traîtres, emportés, enflés d’orgueil, amateurs des voluptés plutôt que de Dieu ;

5 ayant l’apparence de la piété, mais ayant renoncé à sa force. Eloigne-toi aussi de ces gens-là.

6 De ce nombre sont ceux qui s’introduisent dans les maisons, et qui captivent l’esprit de certaines femmes chargées de péchés, possédées de diverses convoitises ;

7 qui apprennent toujours, et qui ne peuvent jamais parvenir à la connaissance de la vérité.

8 Et comme Jannès et Jambrès résistèrent à Moïse, ceux-ci de même résistent à la vérité ; gens d’un esprit corrompu, et pervertis à l’égard de la foi.

9 Mais ils ne feront pas de grands progrès ; car leur folie sera connue de tout le monde, comme le fut celle de ces hommes-la.

10 Pour toi, tu as été parfaitement instruit de ma doctrine, de ma conduite, de mes desseins, de ma foi, de ma douceur, de ma charité, de ma patience ;

11 des persécutions et des afflictions qui me sont arrivées à Antioche, à Icone, et à Lystre ; tu sais, dis-je, quelles persécutions j’ai souffertes, et comment le Seigneur m’a délivré de toutes.

12 Aussi tous ceux qui veulent vivre dans la piété selon Jésus-Christ seront persécutés.

13 Mais les hommes méchants et les imposteurs iront en empirant, séduisant les autres et étant séduits eux-mêmes.

14 Pour toi, demeure ferme dans les choses que tu as apprises et qui t’ont été confiées, sachant de qui tu les as apprises ;

15 Et que tu as dès ton enfance la connaissance des saintes lettres, qui peuvent t’instruire pour le salut, par la foi qui est en Jésus-Christ.

16 Toute l’Ecriture est divinement inspirée, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice ;

17 Afin que l’homme de Dieu soit accompli, et parfaitement propre pour toute bonne œuvre. 

REFLEXIONS

La prédiction qui se lit dans ce chapitre, et qui marque que dans les derniers jours les temps seraient fâcheux, est très remarquable. On en vit l’accomplissement pendant la vie des apôtres et dans les temps qui suivirent, puisqu’il s’éleva diverses sectes dangereuses qui, avec des erreurs damnables, introduisirent la licence des mœurs et l’impiété. Cette prophétie s’étend même jusqu’à notre temps, puisqu’on voit encore un si grand nombre de chrétiens qui n’ont que l’apparence de la piété, mais qui en ont renoncé la force, étant engagés dans toutes sortes de péchés et de désordres.

Puisque cette grande corruption a été prédite, nous n’en devons pas être ébranlés, au contraire, cela doit nous affermir dans la foi et dans la piété, Dieu nous en ayant avertis afin que nous ne laissassions pas entraîner par les mauvais exemples et que, suivant l’exhortation de l’Apôtre, nous nous éloignassions du mal et de ceux qui le commettent. C’est là le devoir de tous les chrétiens, mais c’est à quoi les ministres de l’Évangiles sont particulièrement appelés.

Ce chapitre nous apprend que si en vivant bien et en nous opposant au vice et à l’impiété, nous sommes exposés à la contradiction des pécheurs, il ne nous arrivera rien qui ne soit arrivé à Moïse, à St. Paul et à la plupart des saints. Cet Apôtre nous dit sur ce sujet que ceux qui veulent vivre dans la piété selon Jésus-Christ souffriront la persécution. Mais bien loin que nous devions perdre courage, cela doit nous animer d’autant plus à nous acquitter de notre devoir.

Enfin, St. Paul nous enseigne que le moyen de se garantir de l’erreur et du vice et d’en garantir les autres, c’est de ne s’écarter jamais de l’Écriture sainte qui seule nous rendra sage pour le salut par la foi en Jésus-Christ. Et ceux qui sont appelés dans l’église à instruire et à conduire les autres doivent bien remarquer que c’est par la lecture et par la méditation de l’Écriture que Timothée était devenu un si excellent serviteur de Dieu et que ce sera aussi dans ce divin livre qu’ils trouveront, comme St. Paul le dit, tout ce qui peut les rendre propres pour toutes les fonctions de leur saint emploi. 

CHAPITRE IV.

St. Paul continue à exhorter Timothée avec beaucoup de force à redoubler son zèle dans les fonctions de son ministère. Afin de l’y engager, il dit que sa mort était prochaine et il fait paraître une grande joie et une ferme espérance de la gloire du Ciel. Il ordonne à Timothée de venir le voir au plutôt, il se plaint de ceux qui l’avaient abandonné et il conclut cette épître par des salutations et par des souhaits. 

1 Je te conjure donc devant Dieu et devant le Seigneur Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, lorsqu’il apparaîtra dans son règne ;

2 prêche la parole, insiste en temps et hors de temps, reprends, censure, et exhorte avec toute sorte de douceur, et en instruisant.

3 Car il viendra un temps que les hommes ne souffriront point la saine doctrine ; mais qu’ayant une démangeaison d’entendre des choses agréables, ils s’assembleront des docteurs selon leurs propres désirs ;

4 et ils fermeront l’oreille à la vérité, et se tourneront vers des fables.

5 Mais toi, sois vigilant en toutes choses ; endure les afflictions ; fais l’œuvre d’un prédicateur de l’évangile ; remplis les devoirs de ton ministère.

6 Car pour moi, je vais être immolé, et le temps de mon départ approche.

7 J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.

8 Au reste, la couronne de justice m’est réservée, et le Seigneur, juste juge, me la donnera en ce jour-là, et non-seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront aimé son avènement.

9 Tâche de me venir trouver au plus tôt.

10 Car Démas m’a abandonné, ayant aimé ce présent siècle, et il s’en est allé à Thessalonique, Crescens en Galatie, et Tite en Dalmatie.

11 Il n’y a que Luc avec moi. Prends Marc et l’amène avec toi, car il m’est fort utile pour le ministère.

12 J’ai envoyé Tychique à Ephèse.

13 Quand tu viendras, apporte avec toi le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpus, et les livres, et principalement les parchemins.

14 Alexandre, l’ouvrier en cuivre, m’a fait souffrir beaucoup de maux, le Seigneur lui rendra selon ses œuvres.

15 Garde-toi aussi de lui, car il a fort résisté à nos paroles.

16 Personne ne m’a assisté dans ma première défense, mais tous m’ont abandonné. Que cela ne leur soit point imputé.

17 Mais le Seigneur m’a assisté, et il m’a fortifié, afin que ma prédication fût pleinement confirmée, et que les Gentils l’entendissent ; et j’ai été délivré de la gueule du lion.

18 Le Seigneur me délivrera aussi de toute œuvre mauvaise, et me sauvera dans son royaume céleste. A lui soit gloire aux siècles des siècles. Amen.

19 Salue Prisce et Aquilas, et la famille d’Onésiphore.

20 Eraste est demeuré à Corinthe, et j’ai laissé Trophime malade à Milet.

21 Hâte-toi de venir avant l’hiver. Eubulus, Pudens, Linus, Claudia et tous nos frères te saluent.

22 Le Seigneur Jésus-Christ soit avec ton esprit. La grâce soit avec vous tous. Amen. 

REFLEXIONS

Ceux que Dieu a appelés au saint ministère ont dans ce chapitre les plus pressants motifs à remplir toutes les parties de leur devoir et surtout à prêcher la parole de Dieu, à censurer et à exhorter en tout temps avec zèle, avec évidence et avec douceur. C’est à quoi les engagent ces exhortations si graves que St. Paul adresse à Timothée en le sommant devant Dieu et par la considération du jugement dernier de redoubler son zèle et sa vigilance.

II. St. Paul apprend ici aux ministres de l’Évangile qu’il y a souvent des temps fâcheux où les hommes, se dégoutant de la pureté et de la simplicité de la doctrine chrétienne, ne peuvent souffrir la vérité et recherchent des doctrines qui flattent leur curiosité et surtout leurs passions. Cela fait voir que ceux qui ont charge d’instruire les autres ont besoin de toute leur prudence et de toute leur fidélité pour s’acquitter comme il faut et avec fruit des devoirs de leur vocation.

III. La joie et la confiance que l’Apôtre témoignait dans le temps qu’il était près de souffrir le martyre nous montrent de quelle assurance ceux qui ont servi Dieu fidèlement sont animés lorsque leur mort approche. Et puisque St. Paul déclare que la couronne de justice était réservée, non seulement pour lui, mais aussi pour tous ceux qui auront aimé l’avènement de Jésus-Christ, nous devons tous imiter ce grand Apôtre dans la fidélité et dans l’amour qu’il avait pour le Seigneur Jésus, combattre le bon combat et achever notre course en gardant la foi jusqu’à la fin.

IV. On voit par les plaintes que Saint Paul fait de ceux qui l’avaient abandonné, aussi bien que de ceux qui lui avaient fait du mal, qu’il y a eu de tout temps des personnes qui se sont opposées aux fidèles serviteurs de Dieu et que dans le sein même de l’église, il se trouve toujours des mondains qui aiment mieux le siècle présent que Jésus-Christ et des timides qui n’osent pas faire une profession ouverte de la piété, ni défendre ceux qui la soutienne.

Enfin, on voit par ce que St. Paul dit ici, de ce qui lui était arrivé pendant sa prison à Rome, que quand même les fidèles, sont sans secours du côté du monde, Dieu ne les abandonne jamais dans les épreuves et dans les dangers, mais qu’il les assiste toujours et qu’après les avoir délivrés de tout mal, il les sauve dans son royaume céleste.

La seconde à Timothée, qui a été établi le premier évêque des Éphésiens, a été écrite de Rome lorsque Paul fut présenté la seconde fois à César Néron.

 ARGUMENT

Cette épître, qui est la plus ancienne des épîtres de St. Paul, a été écrite l’an 51 de Jésus-Christ. Dans les trois premiers chapitres, cet Apôtre témoigne combien il avait été réjoui d’apprendre le bon état des Thessaloniciens et leur fermeté dans les persécutions et il leur parle aussi de ce qui lui était arrivé et des sentiments qu’il avait eus et qu’il avait encore pour eux. Dans les deux derniers, il leur adresse des exhortations à la piété et à la sainteté. 

Chapitres :  Chapitre I.   Chapitre II.   Chapitre III.  Chapitre IV.  Chapitre V.    Livres du Nouveau Testament.

CHAPITRE I.

St. Paul loue Dieu, premièrement, de ce que les Thessaloniciens avaient reçu avec foi et avec zèle l’Évangile qu’il leur avait annoncé. Et, en second lieu, de ce que leur église servait de modèle à toutes les églises de la Macédoine et de l’Achaïe. 

1 Paul et Sylvain, et Timothée, à l’Église des Thessaloniciens, qui est en Dieu le Père, et en notre Seigneur Jésus-Christ. La grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père, et par le Seigneur Jésus-Christ.

2 Nous rendons toujours des actions de grâces à Dieu pour vous tous, faisant mention de vous dans nos prières ;

3 nous souvenant sans cesse, devant notre Dieu et notre Père, des œuvres de votre foi, des travaux de votre charité, et de la constance de votre espérance, en notre Seigneur Jésus-Christ ;

4 sachant, mes frères chéris de Dieu, votre élection.

5 Car l’évangile que nous vous avons prêché, n’a pas consisté seulement en paroles, mais il a été accompagné de force et du Saint-Esprit, et de plusieurs preuves convaincantes, comme vous savez que nous nous sommes conduits parmi vous, et pour l’amour de vous.

6 Aussi avez-vous été nos imitateurs et ceux du Seigneur, ayant reçu la parole avec la joie du Saint-Esprit, au milieu de beaucoup d’afflictions ;

7 de sorte que vous avez servi de modèle à tous ceux qui ont cru, dans la Macédoine et dans l'Achaïe.

8 Car, non-seulement la parole du Seigneur a retenti de chez vous dans la Macédoine et dans l’Achaïe, mais la foi que vous avez en Dieu s’est répandue en tous lieux, de sorte que nous n'avons pas besoin d’en rien dire.

9 Car ils racontent eux-mêmes quel accès nous avons eu auprès de vous, et comment, en quittant les idoles, vous avez été convertis à Dieu, pour servir le Dieu vivant et véritable ;

10 et pour attendre des cieux son Fils Jésus, qu’il a ressuscité des morts, lequel nous délivre de la colère à venir. 

REFLEXIONS

Ce qu’il faut remarquer en général sur cette épître, c’est qu’il n’y a point d’église à laquelle St. Paul rende un témoignage aussi avantageux et à laquelle il donne de si grandes louanges qu’à celle de Thessalonique. On voit dès l’entrée de cette épître que cet Apôtre était comblé de joie et qu’il rendait à Dieu les plus ardentes actions de grâce en pensant à l’heureux état des Thessaloniciens et en se souvenant de la manière dont ils avaient reçu sa prédication, de leur foi, de leur charité et de leur patience.

Cela fait voir que ce qui rend les églises recommandables et ce qui fait aussi la joie et la plus grande consolation des fidèles serviteurs de Dieu, c’est lorsque l’Évangile y fructifie et qu’on y voit fleurir la foi et toutes sortes de vertus.

L’église de Thessalonique, qui servait autrefois de modèle à cet égard aux autres églises, doit être encore proposée en exemple à toutes les églises chrétiennes. Nous devons aussi nous appliquer ce que St. Paul disait aux Thessaloniciens de leur conversion à la religion chrétienne, puisqu’aussi bien qu’eux, nous avons été tirés autrefois par la miséricorde de Dieu des ténèbres du paganisme et du service des idoles pour servir le Dieu vivant et véritable et pour attendre des Cieux son fils Jésus qu’il a ressuscité des morts et qui nous délivre de la colère à venir. 

CHAPITRE II.

St. Paul fait trois choses dans ce chapitre : I. Il fait souvenir les Thessaloniciens qu’il leur avait annoncé l’Évangile avec sincérité et sans aucune vue d’intérêt, que, pour ne leur point être à charge, il avait gagné sa vie par son travail et qu’il les avait exhorté continuellement à vivre d’une manière digne de Dieu qui les appelait à sa gloire. II. Il bénit Dieu de ce que son ministère avait été efficace parmi eux et de ce qu’ils avaient souffert constamment les persécutions que les Juifs suscitaient alors en tous lieux contre les chrétiens, et il remarque que ces Juifs, dont il avait lui-même éprouvé la haine pendant le séjour qu’il avait fait à Thessalonique, étaient les plus ardents ennemis de l’Évangile. III. Il marque le désir qu’il avait de revoir les Thessaloniciens et la grande affection qu’il leur portait. 

1 Vous savez vous-mêmes, mes frères, que notre arrivée vers vous n’a point été vaine ;

2 mais, quoiqu’auparavant nous eussions souffert, et que nous eussions été outragés à Philippes, comme vous le savez, nous ne laissâmes pas, en nous confiant en notre Dieu, de vous annoncer l’évangile de Dieu avec liberté et avec courage, parmi de grands combats.

3 Car il n’y a eu dans notre prédication ni séduction, ni aucun motif malhonnête, ni fraude.

4 Mais, comme Dieu nous a jugés propres à nous confier la prédication de l’évangile, aussi parlons-nous, non pour plaire aux hommes, mais pour plaire à Dieu, qui éprouve nos cœurs.

5 Aussi n’avons-nous jamais employé aucune parole de flatterie, comme vous le savez, ni agi par aucun motif d’avarice ; Dieu en est témoin.

6 Et nous n’avons point cherché la gloire qui vient de la part des hommes, ni parmi vous, ni parmi les autres ; et quoique nous pussions, comme apôtres de Jésus-Christ, vous charger de notre subsistance ;

7 cependant, nous avons été doux au milieu de vous, comme une nourrice qui prend un soin tendre de ses propres enfants.

8 Ayant donc une si grande affection pour vous, nous souhaitions de vous donner, non-seulement l’évangile de Dieu, mais aussi notre propre vie, parce que vous nous étiez fort chers.

9 Car vous vous souvenez, mes frères, de notre peine et de notre travail, et comment nous vous avons prêché l’évangile de Dieu, travaillant nuit et jour, pour n’être à charge à aucun de vous.

10 Vous êtes témoins, et Dieu l’est aussi, que nous nous sommes conduits saintement et justement, et d’une manière irréprochable, envers vous qui croyez ;

11 et vous savez que nous avons agi avec chacun de vous comme un père fait avec ses enfants ;

12 vous exhortant, vous consolant, et vous conjurant de vous conduire d’une manière digne de Dieu, qui vous appelle à son royaume et à sa gloire.

13 C’est pourquoi aussi, nous ne cessons de rendre grâces à Dieu de ce que, recevant de nous la parole de Dieu que nous prêchons, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu, laquelle aussi agit avec efficace en vous qui croyez.

14 En effet, mes frères, vous êtes devenus les imitateurs des Eglises de Dieu qui sont dans la Judée, et qui croient en Jésus-Christ ; et vous avez souffert, de la part de ceux de votre propre nation, les mêmes choses qu’ils ont souffertes de la part des Juifs ;

15 qui ont même fait mourir le Seigneur Jésus et leurs propres prophètes, et qui nous ont persécutés ; qui ne plaisent point à Dieu, et qui sont ennemis de tous les hommes ;

16 qui nous empêchent de parler aux Gentils, afin de les sauver, comblant toujours la mesure de leurs péchés ; aussi la colère de Dieu est-elle parvenue sur eux, pour y mettre fin.

17 Pour ce qui est de nous, mes frères, ayant été séparés de vous depuis peu de temps, de corps, et non du cœur, nous avons eu d’autant plus d’empressement de vous revoir, le souhaitant avec ardeur.

18 C’est pour cela que nous avons voulu plus d’une fois aller chez vous, au moins moi, Paul ; mais Satan nous en a empêchés.

19 Car quelle est notre espérance, ou notre joie, ou notre couronne de gloire ? N’est-ce pas vous qui le serez en présence de notre Seigneur Jésus-Christ, à son avènement ?

20 Car vous êtes notre gloire et notre joie. 

REFLEXIONS

Les ministres de l’Évangile doivent apprendre de St. Paul à s’acquitter de leur emploi avec intégrité, à annoncer la parole de Dieu purement, sans aucun motif d’avarice ou de vaine gloire, à faire paraître en toutes choses un entier désintéressement et une parfaite douceur, à se conduire saintement et sans reproche et à exhorter continuellement les chrétiens à une vie qui soit digne de Dieu qui les appelle à son royaume et à sa gloire.

II. L’on voit ici que le devoir de ceux à qui la parole de Dieu est annoncée dans sa pureté est de la recevoir comme les Thessaloniciens la reçurent, non comme une parole d’homme, mais comme la parole de Dieu et de ne point se rebuter pour les contradictions et pour les persécutions auxquelles ils pourraient être exposés, mais de les souffrir avec la même constance que Saint Paul et les Thessaloniciens souffraient celles que les Juifs et les païens leur suscitaient.

III. Saint Paul se plaint que les Juifs en particulier étaient les ennemis déclarés de l’Évangile, qu’ils en empêchaient de tout leur pouvoir les progrès parmi les païens et que, par ce moyen, ils comblaient la mesure de leurs péchés et attiraient de plus en plus sur eux la colère de Dieu.

Nous avons lieu de déplorer l’endurcissement des Juifs qui sont encore aujourd’hui engagés dans la même incrédulité et sur qui la colère de Dieu repose et de prier pour leur conversion.

Au reste, il paraît d’ici que c’est de tout temps qu’il y a eu des personnes qui se sont opposées à l’établissement du règne de Jésus-Christ, ainsi il ne faut pas s’étonner s’il s’en trouve parmi les chrétiens.

On voit enfin, dans ce chapitre, les marques les plus particulières et les plus touchantes de l’estime que St. Paul faisait des Thessaloniciens et de l’amour qu’il leur portait.

Les pasteurs qui sont animés de l’esprit de ce Saint Apôtre ont pour leurs troupeaux l’affection la plus tendre. Il n’y a point de satisfaction comparable à celle qu’ils ressentent lorsqu’ils voient du fruit de leur ministère et comme les fidèles sont toute leur espérance et toute leur joie en ce monde, ils seront aussi leur couronne de gloire à la venue de notre Seigneur Jésus-Christ. 

CHAPITRE III

L’apôtre parle d’abord : I. Du soin qu’il avait fait d’envoyer Timothée d’Athènes à Thessalonique pour s’informer de l’état des Thessaloniciens et pour les fortifier. II. Et de la grande consolation qu’il avait reçue par les bonnes nouvelles que Timothée lui avait apportée à son retour, en l’informant du souvenir qu’ils conservaient de lui et de leur persévérance dans la foi, à l’occasion de quoi il fait des vœux très ardents en leur faveur. 

1 C’est pourquoi, ne pouvant attendre davantage, nous aimâmes mieux demeurer seuls à Athènes,

2 Et vous envoyer Timothée notre frère, ministre de Dieu, et qui travaille avec nous dans l’évangile de Christ, pour vous affermir, et pour vous exhorter à persévérer dans la foi ;

3 afin qu’aucun de vous ne soit ébranlé par ces afflictions ; car vous savez vous-mêmes que nous sommes destinés à cela.

4 Aussi, lorsque nous étions avec vous, nous vous prédisions que nous aurions à souffrir des afflictions, comme cela est aussi arrivé, et comme vous le savez.

5 Ne pouvant donc attendre plus longtemps, j’envoyai Timothée pour être informé de l’état de votre foi, craignant que le tentateur ne vous eût tentés, et que notre travail ne fût devenu inutile.

6 Mais Timothée, étant revenu depuis peu de chez vous, nous a rapporté de bonnes nouvelles de votre foi et de votre charité, et nous a dit que vous vous souvenez toujours tendrement de nous, désirant de nous voir, comme nous désirons de vous voir aussi.

7 Ainsi, mes frères, nous avons été consolés par votre foi, dans toutes nos afflictions et dans toutes nos peines.

8 Car nous vivons maintenant, puisque vous demeurez fermes en notre Seigneur.

9 Et quelles actions de grâces pourrions-nous assez rendre à Dieu à votre sujet, pour toute la joie dont nous sommes comblés à cause de vous, en la présence de notre Dieu !

10 Priant jour et nuit de plus en plus, que nous puissions vous revoir, afin d’ajouter ce qui peut manquer à votre foi.

11 Dieu lui-même, qui est notre Père, et Jésus-Christ notre Seigneur, veuillent nous conduire avec sûreté auprès de vous.

12 Et que le Seigneur vous fasse croître et abonder en charité les uns envers les autres, et envers tous, comme nous sommes aussi remplis de charité pour vous ;

13 Afin que vos cœurs soient affermis dans la sainteté, et que vous soyez irrépréhensibles devant Dieu notre Père, lorsque notre Seigneur Jésus-Christ viendra avec tous ses saints. 

REFLEXIONS

Ce qu’il y a principalement à remarquer ici, c’est que Saint Paul, pressé par l’amour qu’il portait aux Thessaloniciens, n’eut aucun repos jusqu’à ce qu’il leur eût envoyé Timothée pour savoir de leurs nouvelles et pour les affermir dans la foi.

On voit dans cette conduite de Saint Paul ce que la sollicitude pastorale inspire aux vrais pasteurs. L’amour qu’ils ont pour le Seigneur Jésus et pour ses brebis fait qu’ils sont continuellement occupés des besoins de leurs troupeaux et qu’ils pourvoient à leur édification par tous les moyens possibles.

On remarque dans la manière dont Saint Paul parle de la consolation extraordinaire qu’il avait ressentie en apprenant par Timothée la persévérance et le bon état des Thessaloniciens et dans les actions de grâces qu’il rend à Dieu à ce sujet les expressions les plus vives et les plus convaincantes de satisfaction, de tendresse et d’estime. Cet Apôtre leur témoigne qu’il ne pouvait assez bénir le Seigneur à cause de toute la joie dont il était comblé devant Dieu en pensant à eux.

Rien ne touche plus vivement les fidèles serviteurs de Jésus-Christ et ne leur donne plus de contentement que lorsqu’ils voient la foi et la piété de ceux sur qui Dieu les a établis et c’est toujours là le principal sujet de leurs actions de grâces, aussi bien que de leurs prières.

Tous les chrétiens doivent avoir les mêmes sentiments et travailler pour le même but avec tout le zèle dont ils sont capables, tant pour la consolation de leurs conducteurs que pour l’avancement de la gloire de Dieu et pour leur propre salut. C’est ce qui est exprimé dans ce vœu de St. Paul : Le Seigneur vous fasse croître et abonder dans la charité les uns envers les autres pour affermir vos cœurs et pour vous rendre irrépréhensibles dans la sainteté, devant notre Dieu et Père lorsque notre Seigneur Jésus-Christ viendra avec tous ses saints, amen !

CHAPITRE IV

Il y a deux choses à remarquer dans ce chapitre : I. Des exhortations à une vie sainte et surtout à la chasteté et à la charité. II. St Paul montre que les chrétiens ne doivent pas s’affliger excessivement pour les morts et dans cette vue il parle de ce qui arrivera, tant aux morts qu’à ceux qui sont encore en vie, au dernier jour et comment les uns et les autres seront élevés dans le Ciel. 

1 Au reste, mes frères, nous vous prions et nous vous conjurons par le Seigneur Jésus, que, comme vous avez appris de nous de quelle manière il faut vous conduire pour plaire à Dieu, vous abondiez en cela de plus en plus.

2 Vous savez quels sont les commandements que nous vous avons donnés de la part du Seigneur Jésus ;

3 et c’est ici la volonté de Dieu, savoir, votre sanctification, et que vous vous absteniez de la fornication ;

4 en sorte que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et dans l’honnêteté,

5 sans jamais vous livrer à des passions infâmes, comme font les Gentils, qui ne connaissent point Dieu.

6 Que personne n’offense son frère, et ne s’abandonne à des passions déréglées à cet égard-là ; parce que le Seigneur est le vengeur de toutes ces choses, comme nous l’avons déjà dit et protesté.

7 Car Dieu ne nous a point appelés à la souillure, mais il nous appelle à la sainteté.

8 C’est pourquoi, celui qui rejette ceci, ne rejette pas un homme, mais il rejette Dieu, qui a mis son Saint-Esprit en nous.

9 Pour ce qui est de l’amour fraternel, vous n’avez pas besoin qu’on vous en écrive ; car vous-mêmes, vous avez appris de Dieu à vous aimer les uns les autres ;

10 et vous le faites aussi envers tous les frères qui sont dans toute la Macédoine ; mais, mes frères, nous vous prions d’avancer de plus en plus,

11 et de vous étudier à vivre paisiblement ; de vous occuper de vos propres affaires, et de travailler de vos propres mains, comme nous vous l’avons recommandé ;

12 afin que vous vous conduisiez honnêtement envers ceux de dehors, et que vous n’ayez besoin de rien.

13 Or, mes frères, je ne veux pas que vous soyez dans l’ignorance sur ce qui concerne les morts, afin que vous ne vous affligiez pas, comme font les autres hommes qui n’ont point d’espérance.

14 Car si nous croyons que Jésus est mort, et qu’il est ressuscité, nous devons croire aussi que Dieu ressuscitera par Jésus ceux qui seront morts, afin qu'ils soient avec lui.

15 Car nous vous déclarons ceci par la parole du Seigneur, c'est que nous qui vivrons et qui resterons sur la terre, à la venue du Seigneur, nous ne préviendrons point ceux qui seront morts.

16 Car le Seigneur lui-même descendra du ciel, dès qu’il aura donné le signal par la voix d’un archange et par la trompette de Dieu ; et ceux qui seront morts en Christ ressusciteront premièrement.

17 Ensuite, nous qui vivrons et qui serons restés sur la terre, nous serons enlevés tous ensemble avec eux dans les nuées, au-devant du Seigneur, en l’air, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.

18 C’est pourquoi consolez-vous les uns les autres par ces paroles. 

REFLEXIONS

Saint Paul nous enseigne dans ce chapitre :

I. Que le principal devoir des chrétiens est de se conduire d’une manière qui soit agréable à Dieu, de garder les commandements qui leur ont été donnés de la part du Seigneur Jésus et d’abonder de plus en plus dans la piété.

II. Saint Paul donne ici, à son ordinaire, des avertissements très exprès et très forts sur l’impureté, parce que ce vice était fort commun parmi les païens, surtout dans les grandes villes telle qu’était Thessalonique. Il dit que la volonté de Dieu est que nous soyons saints, que nous fuyions l’impureté et les mauvaises convoitises et que chacun de nous sache garder son corps dans la chasteté. Il ajoute que personne ne doit violer les règles de la pureté, de la charité et de la justice pour satisfaire les passions déréglées de la chair et que Dieu qui nous appelle, non à la souillure, mais à la sanctification, sera le juge et le vengeur de ces crimes infâmes.

III. St. Paul nous dit deux choses sur la charité qui doivent être observées.

L’une, que les vrais chrétiens n’ont pas besoin qu’on les exhorte à ce devoir, puisqu’ils sont enseignés de Dieu à s’aimer les uns les autres et à assister leurs frères.

L’autre, qu’afin qu’on puisse exercer la charité, chacun doit se tenir dans sa vocation, travailler à ses propres affaires et éviter l’oisiveté et la curiosité qui est d’ailleurs un genre de vie opposé à la piété et au christianisme.

IV. Enfin, nous apprenons de ce chapitre qu’il ne faut pas s’affliger pour les morts, comme faisaient les païens qui n’avaient point d’espérance, puisque nous savons que ceux qui sont morts au Seigneur ressusciterons pour être élevés au Ciel sur les nuées au-devant de lui avec ceux qui seront alors en vie. Cette doctrine doit nos consoler de la mort des personnes que nous chérissons lorsqu’elles sont du nombre des fidèles, nous affermir nous-mêmes contre la crainte de la mort et nous inciter à vivre au Seigneur, afin que mourant aussi en lui, nous ressuscitions un jour pour lui être réunis éternellement dans la gloire céleste. 

CHAPITRE V

I. Saint Paul, ayant parlé sur la fin du chapitre précédent de la dernière venue de Jésus-Christ, dit que le temps de cette venue était inconnu et incertain ; et il exhorte les chrétiens à s’y préparer par la sobriété et par la vigilance.

II. Il prescrit aux Thessaloniciens divers devoirs de la piété.

III. Il conclut son épître en priant Dieu pour leur sanctification et en se recommandant à leurs prières. 

1 Pour ce qui regarde les temps et le moment, vous n’avez pas besoin, mes frères, qu’on vous en écrive ;

2 car vous savez bien vous-mêmes, que le jour du Seigneur viendra comme un larron qui vient la nuit.

3 Car, quand ils diront : paix et sûreté, alors une ruine subite les surprendra, comme les douleurs surprennent une femme enceinte ; et ils n’échapperont point.

4 Mais quant à vous, mes frères, vous n’êtes point dans les ténèbres, pour être surpris par ce jour-là, comme on le serait par un voleur.

5 Vous êtes tous des enfants de la lumière, et des enfants du jour ; nous ne sommes point enfants de la nuit, ni des ténèbres.

6 Ne dormons donc pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres.

7 Car ceux qui dorment, dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent, s’enivrent la nuit.

8 Mais nous qui sommes enfants du jour, soyons sobres, étant revêtus de la cuirasse de la foi, et de la charité, et du casque de l’espérance du salut.

9 Car Dieu ne nous a point destinés à être les objets de sa colère, mais il nous a destinés à la possession du salut par notre Seigneur Jésus-Christ,

10 qui est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions tous ensemble avec lui.

11 C’est pourquoi exhortez-vous les uns les autres, et édifiez-vous tous l’un l’autre, comme vous le faites aussi.

12 Au reste, mes frères, nous vous prions d’avoir en considération ceux qui travaillent parmi vous, et qui président sur vous selon le Seigneur, et qui vous exhortent.

13 Ayez pour eux le plus grand amour, à cause de l’œuvre qu’ils font. Soyez en paix entre vous.

14 Nous vous prions aussi, mes frères, de reprendre ceux qui sont déréglés, de consoler ceux qui ont le cœur abattu, de supporter les faibles, et d’être patients envers tous.

15 Prenez garde que personne ne rende à aucun le mal pour le mal, mais cherchez toujours à vous faire du bien les uns aux autres, et à tout le monde.

16 Soyez toujours joyeux.

17 Priez sans cesse.

18 Rendez grâces à Dieu en toutes choses ; car c’est la volonté de Dieu en Jésus-Christ à votre égard.

19 N’éteignez point l’Esprit.

20 Ne méprisez point les prophéties.

21 Eprouvez toutes choses ; retenez ce qui est bon.

22 Abstenez-vous de tout ce qui a quelque apparence de mal.

23 Le Dieu de paix veuille vous sanctifier lui-même parfaitement, et que tout ce qui est en vous, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible pour l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ.

24 Celui qui vous a appelés, est fidèle, et il le fera aussi.

25 Mes frères, priez pour nous.

26 Saluez tous nos frères par un saint baiser.

27 Je vous conjure par le Seigneur, que cette épître soit lue à tous nos saints frères.

28 La grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous. Amen. 

REFLEXIONS

Ce chapitre nous enseigne :

I. Que le jour du Seigneur viendra d’une manière soudaine et surprendra les hommes lorsqu’ils s’y attendront le moins, que ce sera un jour d’effroi pour ceux qui marchent dans les ténèbres et qui s’adonnent aux œuvres de la chair, mais que ce jour n’aura rien que de consolant pour les fidèles.

Ainsi, le moyen de n’en être pas surpris, c’est de s’y préparer par une vie sobre et mortifiée, par la foi, par la pratique de la charité et par toutes sortes de bonnes œuvres.

Après cela, St. Paul nous prescrit ici plusieurs devoirs particuliers.

Le premier est de nous édifier et de nous exhorter les uns les autres par de bons discours.

II. Il parle dans les termes les plus forts du respect et de l’amour qui sont dus aux pasteurs et aux conducteurs de l’église à cause de l’œuvre qu’ils font.

III. Il nous ordonne de vivre en paix entre nous, de nous avertir, de nous consoler et de nous supporter mutuellement et d’être éloigné de la vengeance.

Il ajoute diverses sentences qui sont autant d’excellents préceptes et par lesquels il nous recommande d’être toujours dans la joie spirituelle, de prier sans cesse, de rendre grâces à Dieu en toutes choses, de ne pas éteindre les dons du Saint-Esprit, ni dans les autres, ni dans nous-même, d’éprouver toutes choses et de retenir ce qui est bon et de nous abstenir de toute apparence de mal.

Ce sont là tout autant de saintes maximes qu’il ne faut jamais perdre de vue et que nous devons nous efforcer de mettre en pratique, joignant toujours la prière à nos efforts et demandant à Dieu avec St.  Paul qu’il veuille nous sanctifier lui-même entièrement en sorte que notre esprit, notre âme et notre corps soient conservés irrépréhensibles pour la venue de notre Seigneur Jésus-Christ, amen ! 

La première épître aux Thessaloniciens a été écrite d’Athènes.

 

Sous-catégories

ARGUMENT

Nous avons dans l’évangile l’histoire de la naissance de notre Seigneur, de sa vie, de sa mort, de sa résurrection, et de son ascension au ciel. Le devoir des chrétiens est d’apporter une grande attention et un grand respect à la lecture de ces livres divins, de les méditer continuellement et de profiter des instructions qui y sont contenues.

ARGUMENT

Cet Évangile a été écrit quelque temps après celui de Saint Matthieu et comme l’on croit, environ dix ans après l’ascension de Jésus-Christ, et cela par Saint Marc, sous les yeux de l’Apôtre Saint Pierre.

ARGUMENT

Cet Évangile a été écrit environ vingt ans après l’ascension de Jésus-Christ, par Saint Luc qui fut disciple et compagnon de Saint Paul et qui le suivit dans ses voyages.