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EPITRE

DE

 PAUL APÔTRE

AUX

 GALATES

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Chapitres : Chapitre I.  Chapitre II.  Chapitre III.  Chapitre IV.   Chapitre V.  Chapitre VI   Livres

 ARGUMENT

Dans l’épitre aux Galates, qui fut écrite environ l’an 52 de notre Seigneur, Saint Paul combat ceux qui enseignaient que pour être sauvé ce n’était pas assez de croire en Jésus-Christ, mais qu’il fallait de plus être circoncis et garder les cérémonies de la loi de Moïse. L’apôtre prouve contre ces gens-là que les chrétiens sont justifiés par la seule foi en Jésus-Christ sans qu’ils soient obligés d’observer ces cérémonies.

Il exhorte ensuite les Galates à demeurer dans cette liberté, mais il les avertit de n’en pas abuser pour vivre dans le libertinage. 

CHAPITRE I.

Dans le premier chapitre St. Paul, après la salutation, censure les Galates de ce qu’ils s’étaient écartés de la doctrine qu’il leur avait enseignée et qui était la seule doctrine qu’il fallût recevoir.

Il leur dit ensuite qu’il tenait cette doctrine de la révélation de Jésus-Christ et non d’aucun homme et, pour cet effet, il les fait souvenir qu’il avait été autrefois fort zélé pour les cérémonies et pour les traditions des Juifs, qu’il avait même été un ardent persécuteur des chrétiens, mais que Dieu l’avait appelé à la connaissance de la vérité et qu’incontinent après sa conversion il avait prêché l’Évangile en divers lieu sans consulter aucun homme, ni aucun apôtre. L’apôtre Saint Paul dit cela pour montrer qu’il avait reçu sa vocation de Jésus-Christ et non de Saint Pierre, ni de qui que ce fût et qu’il avait la même autorité que les autres apôtres, ce que les faux docteurs lui contestaient. 

1 Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par aucun homme, mais par Jésus-Christ et par Dieu le Père, qui l’a ressuscité ;

2 et tous les frères qui sont avec moi, aux Eglises de Galatie ;

3 la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père, et par notre Seigneur Jésus-Christ,

4 qui s’est donné soi-même pour nos péchés, afin de nous retirer de ce siècle mauvais, selon la volonté de Dieu notre Père,

5 auquel soit gloire aux siècles des siècles. Amen.

6 Je m’étonne qu’en abandonnant celui qui vous avait appelés à la grâce de Jésus-Christ, vous ayez passé si promptement à un autre évangile ;

7 non qu’il y ait un autre évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’évangile de Christ.

8 Mais si quelqu’un vous annonce un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, quand ce serait nous-mêmes, ou un ange du ciel, qu’il soit anathème.

9 Je vous l’ai dit, et je le dis encore : Si quelqu’un vous annonce autre chose que ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème.

10 Car, ce que je prêche, est-il des hommes ou de Dieu ; ou cherché-je à plaire aux hommes ? Si je cherchais à plaire aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ.

11 Je vous déclare donc, mes frères, que l’évangile que j’ai annoncé ne vient point de l’homme ;

12 car je ne l’ai reçu ni appris d’aucun homme, mais je l’ai reçu par la révélation de Jésus-Christ.

13 Vous avez ouï dire quelle était autrefois ma conduite dans le judaïsme ; avec quel excès je persécutais l’Eglise de Dieu et la ravageais ;

14 et que je faisais plus de progrès dans le judaïsme que plusieurs de mon âge et de ma nation, étant le plus ardent zélateur des traditions de mes pères.

15 Mais quand il plut à Dieu, qui m’avait choisi dès ma naissance, et qui m’a appelé par sa grâce,

16 de me faire connaître son Fils, afin que je l’annonçasse parmi les Gentils, je le fis aussitôt, sans consulter la chair et le sang ;

17 et je ne retournai point à Jérusalem, pour voir ceux qui avaient été apôtres avant moi ; mais je m’en allai en Arabie, et je revins encore à Damas.

18 Ce ne fut qu’au bout de trois ans que je retournai à Jérusalem pour y voir Pierre ; et je demeurai chez lui quinze jours ;

19 et je n’y vis aucun des autres apôtres, sinon Jacques, frère du Seigneur.

20 Or, dans les choses que je vous écris, je proteste devant Dieu que je ne mens point.

21 Depuis, j’allai dans le pays de Syrie et de Cilicie ;

22 et j’étais inconnu de visage aux Eglises de Judée qui avaient cru en Jésus-Christ.

23 Mais elles avaient seulement ouï dire : Celui qui nous persécutait autrefois annonce maintenant la foi, qu’il s’efforçait alors de détruire.

24 Et elles glorifiaient Dieu à cause de moi. 

REFLEXIONS

Ce chapitre nous présente ces deux réflexions principales :

I. Que les chrétiens ne doivent jamais se détourner de la pure doctrine de l’Évangile qui a été annoncée et mise par écrit par les apôtres et qu’ils doivent fuir tous ceux qui voudraient leur annoncer une autre doctrine que celle-là et leur proposer un autre moyen de salut que la foi en Jésus-Christ.

II. Le récit que St. Paul fait de sa conversion et ce qu’il dit pour montrer qu’il tenait son autorité de Jésus-Christ nous oblige d’un côté à recevoir la doctrine de cet Apôtre comme divine et à nous y soumettre et de l’autre à reconnaître la miséricorde du Seigneur et la puissance de sa grâce envers ceux qui sont dans l’ignorance et dans l’égarement, de quoi l’on voit un illustre exemple en St. Paul que Dieu convertit et appela à la charge d’ Apôtre et qui était auparavant un ennemi déclaré de la religion chrétienne.

CHAPITRE II.

Saint Paul, pour soutenir sa vocation et son autorité et pour faire voir qu’il n’était pas inférieur aux autres apôtres dit non seulement que sa doctrine avait été approuvée à Jérusalem par Saint Pierre et par Saint Jacques et par Saint Jean, mais que même il avait repris Saint Pierre, de ce que cet Apôtre, par une trop grande complaisance pour les Juifs, n’osait pas manger avec les Gentils qui avaient cru en Jésus-Christ, ce qui aurait pu autoriser les préjugés des Juifs et donner lieu de croire que les Gentils devaient s’assujettir aux cérémonies de la loi de Moïse.

Il enseigne après cela que, tant les Juifs, que les Gentils sont justifiés par la seule foi en Jésus-Christ, mais il montre en même temps que, bien loin que cette doctrine favorisât le relâchement, au contraire, la foi en Jésus-Christ crucifié retirait les hommes du péché et les faisait vivre d’une vie toute spirituelle. 

1 Quatorze ans après, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabas, et je pris aussi Tite avec moi.

2 Or, j’y montai en suite d’une révélation, et j’exposai aux fidèles et en particulier à ceux qui sont les plus considérés, l’évangile que je prêche parmi les Gentils ; ce que je fis de peur que je ne courusse ou que je n’eusse couru en vain.

3 Et même Tite, qui était avec moi, quoiqu’il fût Grec, ne fut point obligé de se faire circoncire.

4 Bien qu’il y eût de faux frères qui s’étaient introduits parmi nous, et qui s’y étaient glissés secrètement, pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ, afin de nous réduire en servitude ;

5 Nous ne leur cédâmes point, pour nous assujettir à ce qu’ils voulaient ; non pas même un moment, afin que la vérité de l’évangile fût maintenue parmi vous.

6 Pour ce qui est de ceux qui sont les plus considérés (il ne m’importe point quels ils ont été autrefois, car Dieu n’a point acception de personne), ceux, dis-je, qui sont les plus considérés, ne m’ont rien communiqué.

7 Au contraire, quand ils virent que la commission de prêcher l’évangile aux incirconcis, m’avait été confiée, comme celle de le prêcher aux circoncis l’avait été à Pierre ;

8 (car celui qui a agi efficacement dans Pierre, pour le rendre apôtre des Juifs, a aussi agi efficacement en moi, pour me rendre apôtre des Gentils.)

9 Jacques, dis-je, Céphas et Jean, qui sont regardés comme des colonnes, ayant reconnu la grâce qui m’avait été donnée, me donnèrent à moi et à Barnabas, la main d’association, afin que nous allassions vers les Gentils, et eux vers les Juifs.

10 Ils nous recommandèrent seulement de nous souvenir des pauvres ; ce qu’aussi j’ai eu soin de faire.

11 Et même, lorsque Pierre fut arrivé à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il méritait d’être repris.

12 Car, avant que quelques personnes qui avaient été envoyées par Jacques, fussent venues, il mangeait avec les Gentils ; mais dès qu’elles furent arrivées, il se retira et se sépara des Gentils, craignant ceux de la circoncision.

13 Et les autres Juifs usaient aussi de la même dissimulation que lui, de sorte que Barnabas même se laissait entraîner à dissimuler comme eux.

14 Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas de droit pied, selon la vérité de l’évangile, je dis à Pierre, en présence de tous : Si toi, qui es Juif, vis comme les Gentils, et non pas comme les Juifs, pourquoi obliges-tu les Gentils à judaïser ?

15 Pour nous qui sommes Juifs de naissance, et non pécheurs d’entre les Gentils,

16 Ayant connu que ce n’est pas par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus-Christ, que l’homme est justifié, nous avons nous-mêmes cru en Jésus-Christ, afin d’être justifiés par la foi en Jésus-Christ, et non par les œuvres de la loi, parce que personne ne sera justifié par les œuvres de la loi.

17 Que, si en cherchant à être justifiés par Christ, nous sommes aussi trouvés pécheurs, Christ est-il donc ministre du péché ? Loin de nous cette pensée.

18 Car si je rebâtis les choses que j’ai détruites, je fais voir que je suis moi-même un prévaricateur ;

19 parce que par la loi même je suis mort à la loi, afin que je vive à Dieu.

20 Je suis crucifié avec Christ, et je vis, non plus moi-même, mais Christ vit en moi ; et si je vis encore dans ce corps mortel, je vis dans la foi au Fils de Dieu qui m’a aimé, et qui s’est donné soi-même pour moi.

21 Ainsi, je n’anéantis point la grâce de Dieu, car si la justice vient de la loi, Christ est donc mort en vain. 

REFLEXIONS

Nous avons à remarquer ces deux choses dans ce chapitre :

I. La première est l’autorité, la sincérité et le zèle avec lequel Saint Paul annonçait la pure doctrine de l’Évangile, jusque-là qu’il reprit St. Pierre qui, par trop d’égard pour les Juifs, évitait le commerce des Gentils. Cela montre à tous les chrétiens et surtout aux ministres de l’Évangile qu’ils doivent toujours suivre leur vocation et marcher de droit pied selon la vérité et que jamais on ne doit user d’aucun déguisement ni de la moindre dissimulation en matière de religion.

II. Saint Paul établit dans ce chapitre la doctrine de la justification par la seule foi en Jésus-Christ, mais il enseigne en même temps très expressément que cette doctrine n’autorise en aucune manière les hommes à vivre dans le péché, qu’au contraire, la vraie foi qui nous justifie détruit nécessairement le péché en nous et nous fait vivre à Dieu. C’est ce que St. Paul nous apprend par ces belles paroles qui marquent si bien l’état et les sentiments d’un vrai fidèle qui croit en Jésus-Christ : Je suis crucifié avec Christ et je ne vis non plus moi-même, mais Christ vit en moi ;et si je vis encore dans ce corps mortel, je vis dans la foi du fils de Dieu qui m’a aimé et qui s’est donné soi-même pour moi.

CHAPITRE III

Saint Paul censure les Galates de ce qu’ils s’étaient détournés de la doctrine qu’ils avaient auparavant embrassée. Il entend cette doctrine qu’il enseigne qu’on est justifié par la foi en Jésus-Christ sans les œuvres de la loi. Et pour montrer que cette doctrine était la seule véritable il leur fait remarquer :

I. Que lorsqu’ils l’avaient reçues, Dieu leur avait communiqué les dons miraculeux du Saint-Esprit.

II. Il prouve par l’exemple d’Abraham, par la nature des promesses qui lui avaient été faites et à sa postérité et par la malédiction que la loi dénonce à ceux qui ne l’accompliraient pas parfaitement que tous les hommes et les Gentils même ont dû être justifiés par la foi en Jésus-Christ, d’où il s’ensuit que ceux qui prétendraient être justifié par la loi se privaient de ces promesses et demeuraient sous la malédiction.

Il confirme cela en remarquant que la loi de Moïse, qui n’a été donnée que longtemps après la promesse que Dieu avait faite à Abraham, n’avait pu anéantir cette promesse,

Mais que Dieu avait donné cette loi par le ministère de Moïse qui était médiateur entre Dieu et le peuple pour retenir les Israélites dans leur devoir en attendant que Jésus-Christ vint et afin de préparer les hommes à recevoir la grâce qui devait les rendre tous enfants de Dieu, tant les Juifs que les Gentils, selon la promesse qui avait été faite au patriarche Abraham. 

1 Ô Galates dépourvus de sens, qui vous a enchantés pour ne plus obéir à la vérité, vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été si vivement dépeint, et comme s’il eût été crucifié parmi vous ?

2 Je ne vous ferai que cette seule question : Avez-vous reçu l’Esprit par les œuvres de la loi, ou par la prédication de la foi ?

3 Avez-vous tellement perdu le sens, qu’après avoir commencé par l’Esprit, vous finissiez maintenant par la chair ?

4 Avez-vous tant souffert en vain ? si toutefois c’est en vain.

5 Celui donc qui vous communique l’Esprit, et qui fait des miracles parmi vous, le fait-il par les œuvres de la loi ou par la prédication de la foi ?

6 Comme Abraham crut à Dieu, et que cela lui fut imputé à justice ;

7 sachez de même, que ceux qui ont la foi, sont les enfants d’Abraham.

8 Aussi l’Ecriture, prévoyant que Dieu justifierait les Gentils par la foi, a évangélisé par avance à Abraham, en lui disant : Toutes les nations seront bénies en toi.

9 Ainsi ceux qui croient, sont bénis avec Abraham qui a cru.

10 Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi, sont sous la malédiction, puisqu’il est écrit : Maudit est quiconque ne persévère dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi, pour les faire.

11 Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela paraît, parce qu’il est dit que le juste vivra par la foi.

12 Or la loi ne justifie pas par la foi, mais elle dit que l’homme qui aura fait ces choses, vivra par elles.

13 Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, ayant été fait malédiction pour nous (car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois) ;

14 afin que la bénédiction promise à Abraham se répandît sur les Gentils par Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis.

15 Mes frères, je me servirai d’une comparaison tirée des usages des hommes : lorsqu’un contrat a été confirmé par un homme, personne ne le casse, ni n’y ajoute rien.

16 Or, les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il ne dit pas : et à ses postérités, comme s’il eût parlé de plusieurs ; mais il dit comme parlant d’une seule : et à ta postérité, qui est Christ.

17 Voici donc ce que je dis : que l’alliance que Dieu a auparavant confirmée en Jésus-Christ, n’a pu être annulée, ni la promesse abolie par la loi, qui n’est venue que quatre cent trente ans après.

18 Car, si l’héritage est donné par la loi, il ne l’est plus par la promesse. Or, Dieu l’a donné à Abraham par la promesse.

19 A quoi donc sert la loi ? Elle a été ajoutée à la promesse, à cause des transgressions, jusqu’à la venue de la postérité à qui la promesse avait été faite ; et elle fut donnée par les anges, et par l’entremise d’un Médiateur.

20 Or le Médiateur ne l’est pas d’un seul, mais il n’y a qu’un seul Dieu.

21 La loi donc est-elle contraire aux promesses de Dieu ? Nullement ; car si la loi qui a été donnée eût pu donner la vie, la justice viendrait véritablement de la loi.

22 Mais l’Ecriture a tout renfermé dans le péché, afin que ce qui avait été promis, fût donné, par la foi en Jésus-Christ, à ceux qui croient.

23 Or, avant que la foi vînt, nous étions comme renfermés sous la garde de la loi, en attendant la foi qui devait être révélée.

24 Ainsi, la loi a été notre conducteur pour nous amener à Christ, afin que nous soyons justifiés par la foi.

25 Mais la foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce conducteur.

26 Car vous êtes tous enfants de Dieu par la foi en Jésus-Christ.

27 Car vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez été revêtus de Jésus-Christ.

28 Il n’y a plus ni de Juif ni de Grec ; il n’y a plus d’esclave ni de libre ; il n’y a plus d’homme ni de femme ; car vous n’êtes tous qu’un en Jésus-Christ.

29 Que si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, et les héritiers selon la promesse. 

REFLEXIONS

Nous avons à considérer sur ce chapitre :

I. Que c’est une grande folie et un extrême aveuglement de se détourner de la vérité après l’avoir connue et de finir mal après avoir bien commencé.

II. Que les dons miraculeux du Saint-Esprit qui furent communiqués aux premiers chrétiens prouvent la divinité de la doctrine qu’ils avaient embrassée et son excellence par-dessus la loi.

III. Il faut faire attention aux preuves que St. Paul allègue pour montrer que c’est par la foi en Jésus-Christ que les hommes sont justifiés et qui sont prises de l’exemple d’Abraham, des promesses que Dieu lui avait faites, de la malédiction que la loi dénonçait aux Israélites et du temps auquel la loi avait été donnée. La manière dont l’Apôtre raisonne sur ce sujet fait voir qu’il avait reçu de Dieu des lumières extraordinaires. Cela doit aussi nous faire reconnaître la vérité de sa doctrine puisqu’on en trouve des preuves si solides dans la loi même et dans l’alliance que Dieu avait traitée avec Abraham.

IV. Enfin, la sagesse et la bonté de Dieu paraissent d’une manière très sensible en ce qu’il avait donné la loi pour réprimer le péché et pour amener les hommes à Jésus-Christ en attendant que le temps fût venu auquel il les recevrait tous dans son alliance, tant les Juifs que les païens.

Reconnaissons par-là, qu’ayant le bonheur de vivre dans ces temps heureux et qu’étant devenus les enfants et les héritiers de Dieu par la foi en Jésus-Christ, nous sommes obligés de lui rendre une obéissance sincère et filiale et d’accomplir les devoirs auxquels nous engage l’alliance de grâce dans laquelle nous avons été reçus.

CHAPITRE IV

Ce chapitre a trois parties :

I. Dans la première, St. Paul, pour montrer combien les Galates avaient de tort de vouloir s’assujettir de nouveau aux cérémonies de la loi de Moïse, leur met devant les yeux la différence qu’il y a entre l’état où les Juifs était sous la loi et l’heureux état où les chrétiens sont sous l’Évangile, ayant le bonheur d’avoir été adopté pour être les enfants de Dieu. C’est ce qu’il représente par la comparaison de l’état d’un enfant qui vit sous des tuteurs et de celui où se trouve un fils qui a l’administration de ses biens.

II. Il leur parle de la grande affection qu’il leur portait et de celle qu’ils avaient eue autrefois pour lui et il leur marque l’inquiétude où il était à leur sujet.

III. Pour représenter la différence qu’il y avait entre l’alliance de la loi et celle de l’Évangile et entre ceux qui s’attachaient à l’une ou à l’autre, il se sert de l’image d’Ismaël et d’Isaac, les deux fils d’Abraham, dont l’un était né, selon le cours de la nature, d’Agar qui était servante et l’autre était né par un miracle, et ensuite de la promesse de Dieu, de Sara qui était libre et la femme d’Abraham. 

1 Je dis donc que pendant tout le temps que l’héritier est enfant, il ne diffère en rien de l’esclave, quoiqu’il soit maître de tout ;

2 mais il est sous des tuteurs et des curateurs jusqu’au temps marqué par le père.

3 Nous aussi de même, lorsque nous étions enfants, nous étions sous l’esclavage des rudiments du monde.

4 Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, et assujetti à la loi ;

5 afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, et afin que nous reçussions l’adoption des enfants.

6 Et parce que vous êtes enfants, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’esprit de son fils, lequel crie Abba : c’est-à-dire, Père.

7 C’est pourquoi vous n’êtes plus esclave, mais vous êtes fils, et si vous êtes fils, vous êtes héritiers de Dieu par Jésus-Christ.

8 Autrefois, lorsque vous ne connaissiez point Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont point de leur nature.

9 Mais maintenant que vous avez connu Dieu, ou plutôt que Dieu vous a connus, comment retournez-vous encore à ces faibles et misérables rudiments, auxquels vous voulez vous assujettir de nouveau ?

10 Vous observez les jours, les mois, les temps et les années.

11 Je crains pour vous que je n’aie travaillé en vain à votre égard.

12 Soyez comme moi, car aussi je suis comme vous, je vous en prie, mes frères, vous ne m’avez fait aucun tort ;

13 et vous savez que je vous ai annoncé ci-devant l’évangile, dans les afflictions de la chair.

14 Et vous ne m’avez point méprisé ni rejeté, à cause de ces épreuves que je souffrais dans ma chair ; mais vous m’avez reçu comme un ange de Dieu, et comme Jésus-Christ même.

15 Qu’est-ce donc qui faisait alors votre bonheur ? Car je vous rends témoignage que, s’il eût été possible, vous vous seriez arraché les yeux pour me les donner.

16 Suis-je donc devenu votre ennemi en vous disant la vérité ?

17 Ils sont zélés pour vous ; mais ce n’est pas comme il faut ; au contraire, ils veulent vous détacher de nous, afin que vous soyez zélés pour eux.

18 Mais il est bon d’être zélé pour le bien en tout temps, et non pas seulement lorsque je suis présent parmi vous.

19 Mes petits-enfants, pour qui je sens de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous ;

20 je voudrais être à présent avec vous, et changer de langage ; car je suis dans une grande inquiétude pour vous.

21 Dites-moi, vous qui voulez être sous la loi, n’entendez-vous point la loi ?

22 Car il est écrit, qu’Abraham eut deux fils ; l’un d’une esclave, et l’autre de sa femme, qui était libre.

23 Mais celui qu’il eut de l’esclave, naquit selon la chair ; et celui qu’il eut de celle qui était libre, naquit en vertu de la promesse.

24 Cela doit s’entendre allégoriquement ; car ces femmes sont deux alliances, l’une du mont de Sina, qui ne met au monde que des esclaves, et c’est Agar.

25 Car Agar signifie Sina, qui est une montagne d’Arabie, et elle a du rapport avec la Jérusalem d’à présent, qui est esclave avec ses enfants.

26 Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle qui est la mère de nous tous.

27 Car il est écrit : Réjouis-toi, stérile, toi qui n’enfantais point ; efforce-toi, et pousse des cris, toi, qui n’avais point été en travail d’enfant ; car celle qui était délaissée, aura beaucoup plus d’enfants que celle qui avait un mari.

28 Pour nous, mes frères, nous sommes les enfants de la promesse, de même qu’Isaac.

29 Mais, comme alors, celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l’Esprit, il en est de même maintenant.

30 Mais que dit l’Ecriture ? Chasse l’esclave et son fils ; car le fils de l’esclave ne sera point héritier avec le fils de la femme libre.

31 Or, mes frères, nous ne sommes point les enfants de l’esclave ; mais nous le sommes de la femme libre. 

REFLEXIONS

Ce chapitre nous instruit en général de la différence qu’il y a entre les Juifs et les chrétiens et il montre combien nous sommes heureux de vivre sous la dispensation de l’Évangile et d’avoir été adopté de Dieu pour être ses enfants par la foi en Jésus-Christ. Cette doctrine doit exciter en nous un vif sentiment de notre bonheur et une grande reconnaissance envers Dieu, elle doit nous inspirer des sentiments dignes de la gloire de notre adoption et nous porter surtout à vivre comme les enfants de Dieu et à lui obéir volontairement et par un principe d’amour.

II. Comme St. Paul travaillait avec un grand zèle à rétablir parmi les Galates la pureté de la foi et à empêcher qu’ils ne mêlassent les cérémonies de Moïse avec l’Évangile, les ministres de Jésus-Christ doivent s’appliquer à maintenir la religion dans sa pureté et à préserver leurs troupeaux de l’erreur et du vice. Et si les Galates étaient blâmables de ce qu’après avoir été affranchis par Jésus-Christ des cérémonies de Moïse, ils voulaient s’y assujettir de nouveau, les chrétiens ne le sont pas moins qui, étant éclairés des lumières de la foi, s’attachent encore aux choses vaines et frivoles de ce monde.

III. L’allégorie de Sara et d’Agar par laquelle l’Apôtre Saint Paul représentait l’état différent de ceux qui voulaient demeurer sous l’alliance de la loi et de ceux qui s’arrêtaient uniquement à celle de l’Évangile peut aussi être appliquée aux chrétiens et elle nous met devant les yeux la différence qu’il y a entre ceux qui cherchent leur bonheur dans les choses de la terre et qui demeurent sous l’esclavage du péché et ceux qui, étant affranchis de cette servitude, jouissent de la liberté des enfants de Dieu.

IV. On remarque dans ce chapitre que les Galates avaient eu dans les commencements un respect et un amour extraordinaire pour St. Paul, mais que cet apôtre craignait qu’ils n’eussent changé à son égard, quoiqu’il les aimât toujours avec la même tendresse qu’il avait fait auparavant.

Les chrétiens doivent chérir et honorer les bons pasteurs, mais ceux qui ayant eu ces sentiments ne les conservent pas ou qui conçoivent même de l’aversion contre eux quand ils leur disent la vérité sont extrêmement condamnables.

Pour ce qui est des fidèles serviteurs de Dieu, ils ont toujours pour l’église du Seigneur l’affection la plus tendre, ils sont continuellement en inquiétude pour les brebis qui leur sont confiées et ils ressentent la plus vive douleur lorsqu’elles ne répondent pas à leur amour et à leurs soins.

CHAPITRE V.

Il y a deux parties dans ce chapitre :

I. Dans la première, Saint Paul exhorte les Galates à demeurer dans la liberté chrétienne qui consistait en ce qu’ils n’étaient plus assujettis à la circoncision et aux cérémonies de la loi de Moïse. Il leur dit que Jésus-Christ ne leur servirait de rien s’ils voulaient retenir ces cérémonies et il les avertit de ne pas écouter ceux qui leur inspiraient d’autres sentiments et même de ne les pas souffrir parmi eux.

II. Il les exhorte à ne pas abuser de cette liberté et à n’en pas prendre occasion de vivre dans la licence et de suivre les désirs de la chair. Il leur recommande de s’aimer et de vivre dans la paix et il marque dans le détail les péchés auxquels la chair porte les hommes et les fruits que le Saint-Esprit produit en ceux qu’il anime.

 1 Tenez-vous donc fermes dans la liberté, dans laquelle Christ nous a mis, et ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de la servitude.

2 Moi, Paul, je vous déclare, que si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien.

3 Et je proteste encore à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est obligé d’observer toute la loi.

4 Christ vous devient inutile, à vous tous qui voulez être justifiés par la loi, et vous êtes déchus de la grâce.

5 Mais pour nous, nous attendons par l’Esprit l’espérance que nous donne la justice qui vient de la foi.

6 Car en Jésus-Christ il ne sert de rien d’être circoncis, ou de ne l’être pas ; mais il faut avoir la foi qui est agissante par la charité.

7 Vous couriez bien ; qui vous a arrêtés, pour vous empêcher d’obéir à la vérité ?

8 Cette suggestion ne vient point de celui qui vous appelle.

9 Un peu de levain fait lever toute la pâte.

10 J’ai cette confiance en vous par le Seigneur que vous n’aurez point d’autre sentiment que ceux-ci; mais celui qui vous trouble en portera la peine, quel qu’il soit.

11 Et pour moi, mes frères, si je prêchais aussi la circoncision, pourquoi serais-je encore persécuté ? Le scandale de la croix serait aboli.

12 Plût à Dieu que ceux qui vous mettent en trouble fussent retranchés du milieu de vous !

13 Mes frères, vous avez été appelés à la liberté ; seulement ne prenez pas de cette liberté un prétexte de vivre selon la chair ; mais assujettissez-vous les uns aux autres par la charité.

14 Car toute la loi est accomplie dans une seule parole qui est celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

15 Mais si vous vous mordez et vous mangez les uns les autres, prenez garde que vous ne soyez détruits les uns par les autres.

16 Je vous le dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez point les désirs de la chair.

17 Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair, et ces deux choses sont opposées l’une à l’autre ; de sorte que vous ne faites point les choses que vous voudriez.

18 Que si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi.

19 Or, les œuvres de la chair sont manifestes, savoir, l’adultère, la fornication, l’impureté, la dissolution,

20 l’idolâtrie, l’empoisonnement, les inimitiés, les querelles, les jalousies, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes ;

21 les envies, les meurtres, l’ivrognerie, les débauches, et les choses semblables, dont je vous dis, comme je vous l’ai déjà dit, que ceux qui commettent de telles choses, n’hériteront point le royaume de Dieu.

22 Mais les fruits de l’Esprit c’est la charité, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la fidélité, la bénignité, la tempérance ;

23 la loi n’est point contre ces choses.

24 Or, ceux qui sont à Christ, ont crucifié la chair avec ses passions et ses convoitises.

25 Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi selon l’Esprit.

26 Ne recherchons point la vaine gloire, en nous provoquant les uns les autres, et en nous portant envie les uns aux autres. 

REFLEXIONS

Voici un chapitre très instructif et l’on doit bien retenir la doctrine qui y est contenue.

Saint Paul y explique bien clairement comment il faut entendre ce qu’il a enseigné dans cette épître : que les chrétiens ne sont plus sous la loi et que les œuvres que cette loi prescrit ne sont pas nécessaires pour être justifiés.

C’est qu’ils ne sont point obligés d’observer la circoncision, ni les cérémonies de la loi de Moïse, mais qu’ils sont cependant dans une obligation indispensable de vivre saintement. L’Apôtre dit de la manière la plus claire et la plus précise que la foi justifiante opère par la charité et par les bonnes œuvres. Il avertit très expressément qu’on ne doit point prendre occasion de la doctrine de la justification par la foi et de la liberté chrétienne pour vivre dans le péché et dans la licence. Il marque la différence qu’il y a entre ceux qui vivent selon la chair et ceux qui sont animés de l’esprit de Dieu. Il spécifie les péchés de la chair dont les principaux sont l’impureté, la sensualité, les haines et les divisions et il déclare que ceux qui commettent ces péchés-là ne possèderont point le royaume de Dieu. Il montre quelles sont les vertus que l’esprit de Dieu produit dans les vrais fidèles.

Enfin, il dit que la marque à laquelle on reconnaît ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et en qui son Esprit habite c’est qu’ils se conduisent par les mouvements de cet Esprit saint et qu’ils ont crucifié la chair avec ses mauvais désirs. Tout cela fait voir que le but de la doctrine de l’Évangile est notre avancement dans la piété et dans la sainteté et que ce doit être aussi là notre principale étude. 

CHAPITRE VI.

Saint Paul exhorte les Galates à reprendre avec douceur ceux qui tombent en quelque faute et à être animés les uns envers les autres d’un esprit de charité, d’humilité et de support. Il les exhorte en second lieu à pourvoir à la subsistance de ceux qui les enseignaient et à exercer la charité.

Il finit en avertissant encore une fois les Galates de ne pas écouter ceux qui voulaient les obliger à être circoncis et en donnant un abrégé de sa doctrine et de toute cette épître. 

1 Mes frères, si quelqu’un vient à tomber dans quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur ; et prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté.

2 Portez les fardeaux les uns des autres, et accomplissez ainsi la loi de Christ.

3 Car si quelqu’un pense être quelque chose, quoiqu’il ne soit rien, il se séduit lui-même.

4 Mais que chacun éprouve ses propres actions, et alors il pourra se glorifier, mais en lui-même seulement, et non par rapport aux autres.

5 Car chacun portera son propre fardeau.

6 Que celui à qui on enseigne la parole de Dieu, fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne.

7 Ne vous abusez point ; on ne se joue point de Dieu ; car ce que l’homme aura semé, c’est ce qu’il moissonnera aussi.

8 Celui qui sème pour sa chair, moissonnera de la chair la corruption ; mais celui qui sème pour l’Esprit, moissonnera de l’Esprit la vie éternelle.

9 Ne nous lassons point de faire le bien, car nous moissonnerons en son temps, si nous ne nous relâchons pas.

10 C’est pourquoi, pendant que nous en avons l’occasion, faisons du bien à tous, mais principalement aux domestiques de la foi.

11 Vous voyez quelle grande lettre je vous ai écrite de ma propre main.

12 Tous ceux qui veulent se rendre agréables, dans ce qui regarde la chair, ne vous contraignent d’être circoncis, qu’afin de n’être pas persécutés pour la croix de Christ.

13 Car ceux-là même qui sont circoncis, ne gardent point la loi ; mais ils veulent que vous soyez circoncis, afin de se glorifier dans votre chair ;

14 mais pour moi, Dieu me garde de me glorifier en autre chose qu’en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par laquelle le monde est crucifié à mon égard, et moi, je suis crucifié au monde.

15 Car en Jésus-Christ, il ne sert de rien d’être circoncis, ou de ne l’être pas ; mais il faut être une nouvelle créature.

16 Et pour tous ceux qui suivront cette règle, que la paix et la miséricorde soient sur eux, et sur l’Israël de Dieu.

17 Au reste, que personne ne me fasse de la peine, car je porte sur mon corps les flétrissures du Seigneur Jésus.

18 Mes frères, que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Amen.

REFLEXIONS

Saint Paul nous enseigne dans ce chapitre :

I. Que ceux qui ont plus de connaissance que les autres et qui sont plus avancés dans la piété doivent supporter ceux qui sont moins instruits, reprendre avec douceur ceux qui pèchent par infirmité, les regarder toujours comme des frères et se souvenir au reste qu’ils pourraient aussi succomber eux-mêmes à la tentation et que chacun rendra compte pour soi-même à Dieu et portera son propre fardeau.

II. Que les chrétiens sont particulièrement obligés de pourvoir à l’entretien de leurs pasteurs et de faire du bien à tout le monde, mais principalement à ceux qui sont membre de l’église et qui travaillent pour son édification.

III. Que ce sont là des devoirs indispensables et que Dieu nous jugera selon la manière dont nous nous en serons acquittés, ce que Saint Paul a marqué en disant : Ne vous abusez point, ce que l’homme aura semé, il le moissonnera aussi.

IV. Enfin il faut bien remarquer et bien retenir ce que Saint Paul dit en finissant cette épître et qui est le sommaire de toute sa doctrine, c’est que Dieu n’aura point d’égard si l’on a été Juif ou païen, circoncis ou non, mais que ce qu’il exige principalement c’est que l’on soit un homme nouveau et régénéré. C’est ce que signifient ces paroles : En Jésus-Christ il ne sert de rien d’être circoncis ou de ne l’être pas, mais il faut être une nouvelle créature et pour tous ceux qui marchent suivant cette règle, que la paix et la miséricorde soit sur eux et sur Israël de Dieu. Amen !

Écrite de Rome aux Galates.